Dans une tribune cinglante, Safa Tounkara, ancien représentant de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) à la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), a tenu à répondre point par point aux propos tenus récemment par Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président du parti.
Dans une déclaration jugée « profondément injuste » et « historiquement erronée », Dr Fofana aurait affirmé que Safa Tounkara n’aurait été qu’un « technicien parachuté des États-Unis », coopté en 2019, sans parcours militant significatif au sein du parti. Une version que l’intéressé conteste fermement.
« Mon engagement au sein de l’UFDG ne date pas de 2019, mais bien de 2009, quand j’ai été secrétaire administratif de la fédération d’Indiana », rappelle M. Tounkara. « J’ai aussi été l’un des fondateurs de la cellule de communication du parti, que j’ai contribué à structurer et renforcer. »
Selon lui, son implication n’a jamais été superficielle. Rédacteur de projets de société, de notes stratégiques et de tribunes publiques, il affirme avoir œuvré dans l’ombre pendant plus d’une décennie pour faire avancer les idéaux et la visibilité du parti, tant à l’étranger qu’en Guinée.
« En 2019, lorsque le parti m’a proposé à la CENI, ce n’était ni une faveur ni un privilège. C’était la reconnaissance d’un engagement soutenu et de compétences techniques éprouvées », insiste-t-il.
L’ancien commissaire réfute donc catégoriquement l’idée d’un militant de circonstance. Il rappelle également avoir été désigné pour coordonner la rédaction du mémorandum de l’ANAD après les événements du 5 septembre 2021, bien après son départ de la CENI.
« Était-ce là le rôle d’un technicien sans influence ? », questionne-t-il, non sans ironie.
Mais au-delà de la mise au point factuelle, Safa Tounkara dénonce ce qu’il qualifie de dérives internes à l’UFDG : un manque de débat, une allergie à la critique constructive, un culte de la personnalité et une tendance à effacer la contribution de certains cadres.
« Ce qui affaiblit le parti aujourd’hui, ce n’est pas le silence de quelques anciens militants. C’est le rejet du débat interne, l’ingratitude et la volonté délibérée d’ignorer les parcours militants authentiques », estime-t-il.
Safa Tounkara rappelle qu’il a désormais fait le choix de se consacrer exclusivement à sa mission dans l’administration, en tant qu’acteur du développement du secteur numérique sous le leadership du Général Mamadi Doumbouya.
« Je ne fais pas de politique politicienne. Je travaille pour la République », conclut-il, avant de lancer une pique à peine voilée à son ancien camarade de parti :
« Parfois, le silence serait une faveur à faire aux intellectuels de ce pays. »

