Une tragédie d’une ampleur inédite frappe la ville marchande de Mokwa, dans le centre-nord du Nigeria, où des inondations dévastatrices ont causé la mort d’au moins 200 personnes, selon un dernier bilan communiqué dimanche par les autorités locales.
Les intempéries ont débuté jeudi, peu avant l’aube, lorsque des pluies diluviennes se sont abattues sur cette localité située à environ 380 kilomètres à l’ouest d’Abuja. Mokwa, carrefour commercial stratégique où se rencontrent producteurs du nord et commerçants du sud, a été submergée en quelques heures par une crue soudaine.
Parmi les victimes, Fatima Kontagora, 22 ans, mère de six enfants, a perdu quatre de ses enfants ainsi que douze membres de sa famille. « Cela m’a brisé le cœur ; j’ai pleuré jusqu’à ce que je sois fatiguée de pleurer. Pleurer ne les ramènera pas », a-t-elle confié, effondrée.
Les secouristes s’efforcent toujours de venir en aide aux sinistrés. Ibrahim Audu Husseini, porte-parole de l’Agence de gestion des urgences de l’État du Niger, a annoncé samedi que 11 personnes ont été blessées et que plus de 3 000 habitants ont dû fuir leurs domiciles. Au total, au moins 500 habitations réparties dans trois communautés ont été submergées.
Les eaux montées brutalement en l’espace de cinq heures ont laissé derrière elles un paysage apocalyptique : des toitures à peine visibles, des survivants pataugeant dans une eau jusqu’à la taille, tentant de sauver des biens ou de secourir des proches. Deux routes ont été emportées et deux ponts se sont effondrés, compliquant davantage les opérations de secours.
Le Nigeria connaît chaque année des inondations pendant la saison des pluies, mais celles qui ont frappé Mokwa s’annoncent parmi les plus meurtrières de ces dernières années. Le changement climatique accentue les contrastes : de longues périodes de sécheresse laissent place à des pluies d’une intensité exceptionnelle, provoquant des crues soudaines dans des zones vulnérables.
Ce drame fait écho à une autre catastrophe survenue en septembre dans la ville de Maiduguri, dans le nord-est du pays, où des inondations causées par l’effondrement d’un barrage et des pluies torrentielles avaient fait au moins 30 morts et déplacé des millions de personnes, aggravant une crise humanitaire déjà sévère liée au conflit avec le groupe Boko Haram.
Les autorités nigérianes appellent à un renforcement urgent des infrastructures de prévention et à une meilleure anticipation des risques climatiques, dans un pays où les phénomènes météorologiques extrêmes deviennent de plus en plus fréquents.

