Le Premier ministre guinéen a tenu une conférence de presse ce mardi à la Primature, au cours de laquelle il a exposé les grandes lignes de la lettre de mission qui lui a été assignée par le président de la République. Cette feuille de route, structurée autour de trois axes majeurs – politique, économique et social – constitue, selon lui, la colonne vertébrale des actions du gouvernement pour les mois et années à venir.
Un cap clair pour une gouvernance structurée
Dans une déclaration d’ouverture dense et articulée, le chef du gouvernement a rappelé que sa mission s’inscrit dans une dynamique de refondation de l’État. « Nous voulons jeter les bases d’une transformation durable de la Guinée, non pas pour une période politique courte, mais pour engager le pays dans une trajectoire de développement à long terme », a-t-il affirmé.
L’accent est mis sur le retour à l’ordre constitutionnel, la consolidation des institutions et la relance d’un processus électoral crédible. Mais au-delà des enjeux politiques, c’est surtout la transformation économique du pays qui constitue le cœur du projet gouvernemental.
Une stratégie de transformation économique ambitieuse
La Guinée, riche de ses ressources humaines, minières et hydrauliques, doit selon le Premier ministre « sortir du piège de l’économie de rente » pour évoluer vers un modèle industriel et diversifié. Cela passe par l’assainissement du cadastre minier, la transformation locale des ressources, et le développement des infrastructures.
« Le désenclavement du territoire, la connectivité numérique, l’accès à l’énergie et à l’eau, sont les préalables à une véritable révolution agricole et industrielle », a-t-il souligné. D’ici 2026, le gouvernement espère porter la production énergétique entre 1,2 et 1,4 gigawatts supplémentaires, un bond qui permettrait de sécuriser l’approvisionnement électrique pour les ménages et les industries.
L’humain au cœur de la stratégie
Pour le Premier ministre, aucune transformation n’est possible sans investir dans le capital humain. Il appelle à renforcer l’éducation, la santé, et les conditions de vie pour créer une main-d’œuvre compétente et dynamique. « Ce sont les hommes et les femmes éduqués, en bonne santé, qui permettront à la Guinée de devenir un pôle attractif pour les investisseurs », a-t-il insisté.
Des lettres de mission, des contrats de performance
Interrogé sur le timing tardif de l’attribution des lettres de mission aux membres du gouvernement, le Premier ministre a expliqué ce choix par la volonté de fonder les décisions sur une expérience de terrain. « L’immersion que nous avons menée dans le pays, notamment à travers les missions gouvernementales de février à avril, a permis de mieux comprendre les réalités locales. Il ne s’agissait pas de produire un copier-coller, mais un document réaliste et opérationnel », a-t-il déclaré.
Chaque ministre se voit donc assigner une feuille de route précise, adossée à un contrat de performance. Les résultats feront l’objet d’une évaluation régulière pour garantir une gouvernance orientée vers les résultats. Ce modèle est appelé à se pérenniser, au-delà de l’actuel gouvernement.
Vers une culture de gouvernance stable et partagée
Le Premier ministre a également insisté sur l’importance d’instaurer une culture politique partagée, où les citoyens comprennent et soutiennent les orientations nationales. « La culture économique n’est pas suffisamment diffusée en Guinée. Il est temps de sortir d’une logique de silos pour bâtir un réseau de compétences et d’énergies partagées », a-t-il plaidé.
En conclusion, il a rappelé que les efforts actuels ne sont pas destinés à une seule administration, mais visent à établir une continuité stratégique dans la gouvernance guinéenne. « Ce que nous faisons aujourd’hui, c’est pour que demain d’autres puissent poursuivre cette œuvre avec méthode et stabilité », a-t-il conclu.

