Le climat d’insécurité en Guinée connaît une nouvelle escalade avec l’enlèvement dans la nuit du vendredi 20 au samedi 21 juin de l’ancien bâtonnier Me Mohamed Traoré. L’avocat, figure respectée du barreau guinéen et ancien conseiller au Conseil National de la Transition (CNT), a été enlevé à son domicile, aux alentours de 3 heures du matin, par un groupe d’hommes armés.
L’alerte a été donnée dans les premières heures de la matinée sur les réseaux sociaux par Me Soufiane Kouyaté, avocat au barreau de Guinée, après avoir été contacté par les proches de la victime. Dans une publication Facebook, il évoque l’irruption d’individus armés, certains en tenue militaire, d’autres en civil, qui ont fait irruption au domicile de Me Traoré avant de l’emmener de force.Selon plusieurs témoignages relayés sur les réseaux sociaux, les assaillants étaient cagoulés et portaient des armes lourdes. Après avoir tenté de forcer l’entrée de la maison, ils auraient menacé d’ouvrir le feu si l’accès leur était refusé. Une fois à l’intérieur, ils auraient identifié Me Traoré à l’aide d’une photo avant de l’emmener sous les yeux de sa famille.
L’enlèvement intervient quelques jours seulement après le retour de Me Traoré d’un pèlerinage à la Mecque. Son engagement en faveur des droits humains et ses prises de position critiques à l’égard du pouvoir en place sont connus dans les milieux juridiques et au sein de la société civile.
Ce rapt suscite une vive inquiétude. Il s’ajoute à une série d’enlèvements ciblés signalés ces derniers mois, dans un contexte marqué par des restrictions croissantes de l’espace civique.
Aucune revendication ni communication officielle n’avait été faite par les autorités à l’heure de la rédaction de cet article.

