Dans une communication rendue publique ce mardi, plusieurs experts des Nations Unies, dont la Rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs des droits humains, Mary Lawlor, tirent la sonnette d’alarme sur la situation préoccupante des défenseurs des droits humains en Guinée. Ils dénoncent des cas d’enlèvement, de disparition forcée et de torture, impliquant notamment des figures de la société civile comme Abdoul Sacko, Oumar Sylla alias Foniké Menguè, et Mamadou Billo Bah.
Cette communication, initialement transmise au gouvernement guinéen le 23 avril 2025, était restée confidentielle pendant un délai de 60 jours, comme le prévoit la procédure onusienne. Toutefois, en l’absence de réponse des autorités, elle a été rendue publique conformément aux règles des procédures spéciales de l’ONU.
Des cas graves restés sans suite
Selon les experts onusiens, Abdoul Sacko, coordinateur national du Forum des Forces Sociales de Guinée, aurait été victime d’enlèvement, de disparition forcée et de torture. Aucune enquête n’aurait été ouverte à ce jour par les autorités guinéennes, malgré la gravité des accusations.
Plus inquiétant encore, près d’un an après leur disparition, les défenseurs des droits humains Oumar Sylla, alias Foniké Menguè, et Mamadou Billo Bah restent introuvables. Ni leur sort, ni le lieu où ils se trouvent n’ont été révélés, malgré les nombreuses alertes lancées par la société civile et la communauté internationale.
Des violations graves du droit international
Pour Mary Lawlor et ses collègues, si ces faits sont confirmés, ils constitueraient des violations flagrantes des droits fondamentaux et des obligations internationales auxquelles la Guinée a souscrit, notamment en matière de lutte contre la torture et les disparitions forcées.
« Aucune initiative n’a été prise par les autorités pour faire la lumière sur ces affaires ou garantir la sécurité de M. Sacko et de ses proches, qui continuent de subir des menaces », déplore la Rapporteuse spéciale.
Les experts expriment aussi leur préoccupation face à ce qui semble être une stratégie délibérée de répression contre la société civile, les opposants politiques et les voix dissidentes. « Ces disparitions forcées ne semblent pas être des cas isolés », s’alarment-ils.
Une communauté internationale de plus en plus vigilante
Face à cette situation, l’ONU exhorte le gouvernement guinéen à prendre des mesures immédiates pour enquêter sur les faits dénoncés, localiser les personnes disparues et assurer la protection des défenseurs des droits humains.
La communication des experts est désormais disponible sur la base de données des procédures spéciales des Nations Unies. Une éventuelle réponse du gouvernement y sera également publiée, indiquent les responsables onusiens.
Dans un contexte où la Guinée est scrutée par la communauté internationale, cette affaire pourrait devenir un test de la volonté politique des autorités à respecter les droits fondamentaux et à rendre justice.

