À Mamou, la situation devient de plus en plus préoccupante pour les citoyens et les professionnels du bâtiment. Le sac de ciment, vendu il y a encore quelques semaines à 70 000 francs guinéens, se négocie désormais entre 110 000 et 115 000 francs. Cette hausse soudaine et brutale du prix, causée par une pénurie persistante, met à mal de nombreux projets de construction dans la ville-carrefour.
Dans les dépôts de matériaux, les visages sont crispés. Amadou Oury barrie, vendeur de ciment, évoque une crise d’approvisionnement qui dure depuis plusieurs semaines :
« Nous passons régulièrement des commandes, mais sans succès. On nous répond qu’il n’y a pas de véhicules disponibles pour le transport. Depuis le début de cette crise, nous n’avons pu recevoir du ciment qu’à deux reprises. »
Selon lui, le sac de ciment, qui coûtait 70 000 francs, est passé à 110 000 francs, tandis que celui de qualité 42 reste autour de 115 000 francs. Une situation qui fragilise non seulement les commerçants mais aussi les ménages engagés dans des projets immobiliers.
Du côté des chantiers, le constat est tout aussi alarmant. Moussa Baillo Barry, chef de chantier, déplore un arrêt quasi total de ses activités :
« Actuellement, il n’y a pas de ciment à Mamou. Même quand on en trouve, on ne peut acheter que 5 ou 10 sacs à la fois. Et encore, c’est sur commande. Cela fait presque un mois qu’on ne travaille pas. »
Il explique que le ciment disponible est immédiatement réparti, souvent avant même d’être stocké. « Quand les camions déchargent, les sacs ne rentrent même pas dans les magasins », précise-t-il, soulignant la pression de la demande.
Face à cette situation, les acteurs du secteur appellent les autorités à intervenir urgemment pour régulariser l’approvisionnement et freiner cette flambée des prix qui menace non seulement les projets privés, mais aussi les initiatives publiques en matière d’infrastructures.
En attendant, les chantiers restent figés, les ouvriers sans emploi, et l’inquiétude grandit dans une ville où le ciment est devenu un produit rare… et cher.

