Ils sont quarante-neuf jeunes travailleurs du Quotidien National Horoya, certains y œuvrant depuis plus d’une décennie. Ce lundi, ils ont décidé de sortir du silence. Dans une déclaration rendue publique, ces stagiaires dénoncent ce qu’ils qualifient d’« injustice systémique », après avoir été écartés du récent processus de recrutement spécial à la Fonction publique. Un processus qui, selon eux, n’a concerné que les agents de la RTG (Radio Télévision Guinéenne), ignorant totalement leur situation.
Une mise à l’écart jugée injustifiée
Dans leur déclaration, les stagiaires rappellent qu’ils assument, depuis plusieurs années, des responsabilités relevant du service public de l’information, sans contrat, ni rémunération, ni reconnaissance officielle. Ils dénoncent une forme de discrimination structurelle et s’interrogent sur l’équité de l’État guinéen dans la gestion de ce dossier.
« Malgré l’annonce du recrutement de 10 000 agents publics, notre ministère a été tout simplement écarté, sans aucune explication officielle », déplorent-ils.
Ils rappellent également que leur dossier avait été examiné à plusieurs reprises au niveau du Conseil des ministres, preuve que leur situation était connue et suivie au plus haut niveau. Mais à leur grande surprise, le concours spécial a exclu les 49 stagiaires de Horoya, ne s’intéressant qu’aux employés de la RTG.
Une presse essentielle mais marginalisée
Le Quotidien National Horoya, fondé en 1961, est décrit par les signataires comme un pilier de l’information institutionnelle. Ils soulignent que ce média, bien que public, repose aujourd’hui en grande partie sur leur travail acharné et leur dévouement.
« Nous assurons la couverture des activités gouvernementales, la rédaction des articles, leur relecture, la mise en page… Pourtant, nous restons invisibles dans l’organigramme officiel », rappellent-ils.
Pour les stagiaires, les autorités ne peuvent prétendre à une refondation crédible du pays en ignorant ceux qui racontent au quotidien son évolution. Ils affirment que leur mise à l’écart est en contradiction flagrante avec les discours officiels prônant l’équité, la transparence et la reconnaissance du mérite.
Des revendications claires et un appel au Chef de l’État
Dans leur déclaration, les stagiaires formulent trois principales revendications :
- Leur intégration immédiate à la Fonction publique, au même titre que leurs collègues de la RTG ;
- La transparence autour des décisions qui ont conduit à leur exclusion du concours ;
- La reconnaissance officielle du rôle stratégique de Horoya dans le paysage médiatique national.
S’appuyant sur la parole du philosophe Albert Camus — « La démocratie n’est pas la loi de la majorité, mais la protection de la minorité » —, les signataires concluent leur déclaration par un appel solennel au président de la République, le Général Mamadi Doumbouya. Ils demandent son implication personnelle dans le dossier, convaincus de son engagement affiché contre l’injustice et pour une gouvernance équitable.
« Nous ne sommes peut-être pas nombreux, mais nous avons nos plumes, notre foi en Dieu et notre espoir dans l’État », affirment-ils, tout en disant attendre une réponse favorable dans les prochains jours.

