Ce 26 juin 2025, nous avons tous suivi la remise officielle du Projet de Nouvelle Constitution de la République de Guinée au Président de la République, par le Président du Conseil National de la Transition (CNT) : un moment solennel et historique.
Ce projet de Nouvelle Constitution est, si je puis me permettre de le dire, la version améliorée de l’avant-projet de Nouvelle Constitution qui avait été soumis aux évaluations, critiques et propositions des populations, des politiques, des académiciens, des syndicats, des acteurs de la société civile, des religieux… bref, de tous les acteurs de la vie sociale et politique de la Guinée.
J’ai eu l’honneur et le privilège, au compte de la Coalition pour la Promotion des Langues Maternelles (CoLaM), de participer aux débats et aux propositions, avant, pendant et après l’élaboration de l’avant-projet de la nouvelle Constitution.
Je puis le dire, sans risque de me tromper, que le processus d’élaboration de ce projet de Nouvelle Constitution a été le plus inclusif et participatif. Les débats ont toujours été ouverts et sans filtre.
Je me rappelle, en août 2024, d’une discussion franche, attentive et ouverte entre le Président du CNT, Dr Dansa Kourouma, et moi, sur l’article 2 de l’avant-projet, lors d’une rencontre à Coyah entre le CNT et les organisations de la société civile et organisations socio-professionnelles. J’y ai participé au compte de la Coalition pour la Promotion des Langues Maternelles (CoLaM). L’objectif de la rencontre était de recueillir les appréciations de ces organisations et leurs propositions.
Les consultations autour de cet avant-projet ne se sont pas limitées à Conakry. Elles se sont étendues sur toute la Guinée, où les membres du CNT déployés ont rencontré les populations, leur expliquant le contenu de l’avant-projet en langues nationales.
Le constat a révélé que l’une des recommandations les plus fréquentes fut l’officialisation de nos langues nationales.
Au-delà du plaidoyer que nous avions fait en faveur de la diversité linguistique et culturelle dans notre pays, les rencontres entre les Conseillers et les populations ont réconforté notre position quant à l’officialisation de nos langues. Ils ont eux-mêmes écouté l’expression de la volonté populaire en faveur de nos langues. Dr Dansa Kourouma a été témoin de cette expression dans plusieurs préfectures lors de ses consultations.
Si, dans le Projet de Nouvelle Constitution transmis au Président de la République, nos langues nationales ont eu le statut de langue officielle, ce n’est que l’acceptation de l’expression de la volonté populaire.
Nous saluons à cet effet tous les Honorables Conseillers, plus particulièrement le Président Dr Dansa Kourouma, d’avoir pris en compte cette recommandation du peuple.
Cet acte est historique et décisif pour le devenir de notre nation.
UNE CONSTITUTION QUI NOUS RESSEMBLE
On ne pouvait imaginer, dans une volonté de refondation du pays, une Constitution qui se veut ressembler au peuple, mais qui ne permet pas aux gouvernants et aux gouvernés de s’exprimer directement et librement dans leurs propres langues, sur la terre de leurs ancêtres.
DIVERSITÉ LINGUISTIQUE ET CULTURELLE, VECTEUR DE DÉVELOPPEMENT
La République de Guinée, comme de nombreux pays dans le monde, est multilingue. Cette diversité linguistique est un vecteur d’enrichissement de la culture humaine. Elle valorise la créativité intellectuelle et culturelle.
C’est pourquoi, l’UNESCO, dans sa Déclaration universelle sur la diversité culturelle, de novembre 2001, dit ceci :
« Dans nos sociétés de plus en plus diversifiées, il est indispensable d’assurer une interaction harmonieuse et un vouloir vivre ensemble de personnes et de groupes aux identités culturelles à la fois plurielles, variées et dynamiques. Des politiques favorisant l’intégration et la participation de tous les citoyens sont garantes de la cohésion sociale, de la vitalité de la société civile et de la paix. »
Dans le même document, il est également déclaré que :
« La diversité culturelle élargit les possibilités de choix offertes à chacun ; elle est l’une des sources du développement, entendu non seulement en termes de croissance économique, mais aussi comme moyen d’accéder à une existence intellectuelle, affective, morale et spirituelle satisfaisante. »
Cette disposition, dans le Projet de Nouvelle Constitution en son article 5, est la forte démonstration du gouvernement actuel de son souci pour la paix, la cohésion, le développement intellectuel, culturel, économique et spirituel de notre nation.
Elle traduit également la volonté de faire de la République de Guinée une référence en matière de développement durable et inclusif, fondé sur la diversité.
À cet effet, je voterai OUI lors du référendum.
#OuiAuRéférendum
Ibrahima Loncebalitè KONATÈ, promoteur des langues maternelles et auteur en N’ko.

