Les services spéciaux de lutte contre le crime organisé, sous l’autorité du secrétaire général des services spéciaux et sous le contrôle du procureur, ont procédé à une importante saisie de protoxyde d’azote et d’autres substances additives à Conakry.
C’est à Camayenne, dans la soirée du 14 juillet, qu’un individu du nom de Moussa Katile a été interpellé en possession d’une bouteille de protoxyde d’azote. Lors de son audition, il a reconnu que cette substance est détournée de son usage médical et vendue à des fins récréatives. Il a également révélé que la bouteille est écoulée entre 650 000 et 700 000 francs guinéens et que leur dernier stock de 80 cartons (soit 480 bouteilles) a été entièrement vendu pour une valeur totale estimée à 294 millions de GNF.
Le protoxyde d’azote, également connu sous le nom de “gaz hilarant”, est un gaz anesthésique et analgésique utilisé en médecine, notamment dans les blocs opératoires. Mais en Guinée, il est de plus en plus utilisé à des fins récréatives pour ses effets euphorisants. Les consommateurs inhalent le gaz à l’aide de ballons, ce qui provoque des sensations d’ivresse, avec des risques importants pour la santé.
Outre cette substance, d’autres produits fortement concentrés en nicotine et consommés par infiltration ont été saisis. Il s’agit de :
- Poblo : 33 boîtes,
- Vélo : 266 boîtes,
- Ballons : 29 pièces servant à inhaler le protoxyde d’azote.

Ces produits sont placés entre la gencive et les lèvres, permettant une absorption rapide par les muqueuses, entraînant une forte dépendance.
Selon le commissaire principal Foromo Soropogui, chef de division à la direction centrale de lutte contre le crime organisé, ces drogues circulent depuis quelques mois à Conakry. Grâce à des informations fournies par des citoyens, les autorités ont pu remonter la filière. La provenance de ces substances serait le Mali, d’où elles sont acheminées clandestinement à bord de véhicules de transport.
Le commissaire lance un appel à la vigilance et à la collaboration citoyenne pour lutter contre ce fléau: « À nous seuls, nous ne pouvons pas y arriver. La contribution des citoyens est essentielle. »
Les enquêtes se poursuivent pour identifier et démanteler l’ensemble du réseau de trafic.

