Les résultats du dernier PN Ravec continuent de faire couler beaucoup d’encre en Guinée. Alors que plusieurs partis politiques et acteurs de la société civile dénoncent des anomalies, Dr Ibrahima Sory Diallo, président de l’ADC-BOC et membre de l’Union sacrée des forces vives de Guinée, monte à son tour au créneau pour contester la fiabilité des chiffres publiés.
Dans un ton ferme, il affirme que ces résultats « ne reflètent pas la réalité sur le terrain ». « On ne peut pas aujourd’hui affirmer qu’il y a eu du sérieux dans ces opérations. Conakry ne peut pas, en toute logique, se retrouver derrière les régions à l’intérieur du pays en termes de population », soutient-il.
Un recensement « mal conduit »
Dr Ibrahima Sory Diallo pointe du doigt des carences majeures dans la méthodologie employée : « Si Conakry va en bas du point de vue pourcentage, cela veut dire que les agents recenseurs n’ont pas couvert la population dans les conditions normales. »
Il conteste également la place dominante attribuée à la région de Kankan dans les statistiques : « On peut comprendre que Kankan dépasse d’autres régions grâce à son potentiel minier ou à certaines infrastructures. Mais dépasser Conakry en population, ce n’est pas réaliste. »
Des conséquences à redouter pour les prochaines élections
Pour le président de l’ADC-BOC, cette distorsion démographique pourrait fausser les bases des prochaines échéances électorales. Il plaide donc pour une révision en profondeur des données : « Le ministère de l’Administration du territoire doit se remettre en cause. Il faut envisager un recensement à titre spécial pour permettre à tous les Guinéens de se faire enregistrer. »
Des Guinéens de l’étranger exclus du processus
Le cas des diasporas est également évoqué avec insistance. « Regardez par exemple au Canada : aucun recensement n’a été fait. L’équipe n’a pas respecté les procédures diplomatiques et a voulu passer par DHL, ce qui a bloqué l’opération. »
Selon lui, de telles erreurs entachent la crédibilité du processus en cours, et risquent de compromettre la tenue d’un référendum apaisé.

