Le président Mamadi Doumbouya, a annoncé ce mardi un remaniement partiel de son gouvernement. Si l’essentiel de l’équipe dirigée par le Premier ministre Bah Oury reste en place, cinq nouvelles figures font leur entrée et deux ministres changent de portefeuille. Fatima Camara passe de la Pêche au Commerce, tandis que Mahamadou Abdoulaye Diallo quitte les Infrastructures pour diriger le Tourisme. Les nouveaux venus sont Mariama Ciré Sylla (Agriculture), Laye Sékou Camara (Infrastructures), Namory Camara (Énergie), Fassou Théa (Pêche) et Mamadou Cellou Baldé (Jeunesse), dont la nomination suscite de vives réactions.
Réagissant à cette annonce, Dr Ibrahima Sory Diallo, président du parti ADC-BOC, a exprimé sans détour son opinion. « On peut dire que les Cellou Baldé, eux, ils sont venus chercher leur part. C’est bien connu », a-t-il déclaré avec amertume, rappelant les tensions passées entre lui et certains acteurs aujourd’hui promus. « Ce sont les mêmes qui, en 2010-2011, allaient jusqu’au Fouta pour m’empêcher d’être député. J’ai même perdu dans mon propre village à Dalaba. » Il accuse certains de ceux qui rejoignent le gouvernement d’avoir été, dans le passé, à l’origine de manœuvres pour l’isoler politiquement.
Faisant référence à ses marches en 2012 pour exiger l’organisation des élections législatives, il raconte : « Ce sont eux qui montaient sur le pont de l’aéroport pour filmer et dire qu’on n’était pas cent dans la rue. » Aujourd’hui, selon lui, les mêmes visages rejoignent le pouvoir qu’ils combattaient autrefois : « S’ils accompagnent maintenant un système qu’ils critiquaient hier, moi, je m’en félicite. Cela prouve que j’avais raison. »
Fidèle à sa ligne politique, Dr Diallo conclut : « J’ai toujours été dans une opposition constructive, même avec le général Mamadi Doumbouya. Et si aujourd’hui certains comprennent cela, tant mieux. Sinon, je continue ma route, car je ne vis pas aux crochets de qui que ce soit. »
Ce remaniement, bien que partiel, ravive des rivalités anciennes et confirme les recompositions en cours au sein de la scène politique guinéenne.

