Le Premier ministre guinéen Bah Oury s’est exprimé ce vendredi sur RFI pour répondre aux nombreuses interrogations concernant le fichier électoral établi en vue du référendum constitutionnel du 21 septembre. À moins de deux mois de l’échéance, les critiques se multiplient, notamment du côté de l’opposition, sur la transparence et l’équité du processus.
« Le fichier électoral a été constitué sur la base d’un recensement biométrique. Nous avons enregistré 6,7 millions de votants », a indiqué Bah Oury, tout en reconnaissant certaines imperfections.
L’absence remarquée de Cellou Dalein Diallo
L’un des points les plus commentés reste l’absence sur les listes électorales de l’opposant historique Cellou Dalein Diallo. Interrogé à ce sujet, le Premier ministre a tenté de relativiser.
« Il y a un problème en termes de résidence. Si vous êtes non-résident dans une localité, il faut prouver une résidence stable d’une certaine durée », a-t-il justifié, balayant d’un revers toute volonté délibérée d’exclusion politique.
Les Guinéens de l’étranger largement sous-représentés
Autre sujet de discorde : la très faible prise en compte de la diaspora guinéenne. Seulement 130 000 Guinéens de l’étranger ont été enrôlés, alors que l’OIM estime leur nombre à près de 3 millions.
Bah Oury reconnaît une faiblesse du processus :
« Il est évident que nos compatriotes de l’étranger n’ont pas été suffisamment enrôlés. Tout cela s’est fait en l’espace de 30 à 40 jours. Ce sont des imperfections que nous allons corriger. »
Il assure toutefois que la nouvelle Constitution garantira l’égalité des droits entre citoyens de l’intérieur et ceux de la diaspora :
« Pour la première fois, le projet constitutionnel reconnaît aux Guinéens vivant à l’étranger l’ensemble de leurs droits civiques. »
Soupçons de surreprésentation de certaines régions
Enfin, l’opposition, à commencer par Cellou Dalein Diallo, accuse le pouvoir de surreprésenter certaines zones favorables au CNRD, notamment la région de Kankan, au détriment d’autres régions comme la capitale Conakry.
« C’est toujours la même rengaine », a répondu le Premier ministre, qui attribue l’évolution démographique de Kankan à « l’essor de l’orpaillage et à l’attractivité économique » de cette région, expliquant une augmentation naturelle de sa population.
Un processus contesté mais assumé
Malgré les polémiques, Bah Oury affirme que l’objectif reste le retour à l’ordre constitutionnel. Le référendum du 21 septembre en est la première étape. Reste à savoir si les garanties évoquées suffiront à rassurer une opposition qui, elle, dénonce un processus biaisé dès le départ.

