Chaque 9 août, la communauté internationale célèbre la Journée internationale des peuples autochtones. Loin d’être une simple commémoration symbolique, cette date représente une reconnaissance du rôle inestimable que jouent ces communautés dans la préservation de la biodiversité, la lutte contre le changement climatique et la transmission de savoirs ancestraux. En Guinée, pays à la diversité culturelle et écologique remarquable, cette journée résonne avec une intensité toute particulière.
En Guinée, bien que le terme « peuples autochtones » ne soit pas toujours utilisé dans le langage courant ou reconnu dans le droit national, il existe bel et bien des communautés vivant selon des modes de vie traditionnels, étroitement liés à leur territoire et à la nature. Les peuples forestiers de la Guinée Forestière, comme les communautés Toma, Guerzé ou Kissi, ainsi que certains groupes pastoraux dans le Fouta Djallon, incarnent ces héritiers de traditions millénaires.
Leur lien intime avec la terre va bien au-delà de l’agriculture ou de l’élevage, il s’agit d’une relation spirituelle, culturelle et sociale profondément enracinée. La forêt, la savane ou les montagnes ne sont pas seulement des espaces à exploiter ; ce sont des entités vivantes qu’il faut respecter et protéger.
Un rôle essentiel dans la préservation de l’environnement
Les savoirs traditionnels de ces communautés guinéennes sont une source précieuse d’inspiration pour la gestion durable des ressources naturelles. De nombreuses pratiques agricoles locales – comme la culture en rotation, la préservation des forêts sacrées ou l’utilisation de plantes médicinales – témoignent d’un équilibre entre l’homme et son environnement.
À l’heure où la planète fait face à une crise écologique sans précédent, ces connaissances, souvent transmises oralement de génération en génération, offrent des solutions concrètes et résilientes. En Guinée, plusieurs ONG et projets de développement durable intègrent désormais les savoirs autochtones dans leurs stratégies de conservation.
Malgré leur importance, les peuples autochtones guinéens font face à de nombreuses menaces. L’extension des projets miniers, agricoles ou d’infrastructures entraîne souvent l’accaparement de leurs terres sans consultation ni compensation. Cette perte d’accès aux ressources met en péril leur mode de vie, leur sécurité alimentaire, mais aussi leur identité culturelle.
Reconnaître, protéger, valoriser des actions indispensables
À l’occasion de cette journée, il est essentiel de rappeler que la reconnaissance légale et sociale des peuples autochtones est une condition indispensable à leur survie, mais aussi à la durabilité environnementale de la Guinée. Cela passe par :
✅ La reconnaissance de leurs droits fonciers, afin qu’ils puissent continuer à vivre sur leurs terres ancestrales.
✅ La protection de leurs ressources naturelles, souvent menacées par des industries extractives non durables.
✅ La valorisation de leurs savoirs, notamment en les intégrant dans les politiques publiques de gestion de l’environnement, d’éducation et de santé.
Les peuples autochtones ne sont pas des reliques d’un autre temps. Ils incarnent une modernité alternative, fondée sur la solidarité, l’harmonie avec la nature, et le respect des générations futures. En Guinée, leur rôle doit être mieux reconnu et soutenu, non seulement pour des raisons de justice sociale, mais parce qu’ils détiennent une part essentielle de la solution aux défis écologiques de demain.
En cette Journée internationale des peuples autochtones, honorons-les non pas par des mots, mais par des actes concrets. Car protéger leurs droits, c’est aussi protéger notre avenir commun.
Laleman Guinée

