Les services spéciaux chargés de la lutte contre le crime organisé ont présenté, ce lundi, deux affaires distinctes de trafic de drogue ayant conduit à la saisie de 11 kilogrammes de cocaïne et à l’interpellation de plusieurs suspects.
Face à la presse nationale, le commissaire principal de police Soropogui Foromo, chef de division à la direction centrale de lutte contre le crime organisé, a détaillé les circonstances de ces opérations menées sur la base de renseignements jugés fiables.
Un premier réseau démantelé à l’aéroport de Conakry
Selon les autorités, un individu identifié comme Wassim Boutif, de nationalité française et d’origine algérienne, a été interpellé le 3 avril 2026 à l’aéroport international de Conakry en possession de 10 kg de cocaïne.
Les enquêteurs affirment que des éléments compromettants ont été retrouvés dans son téléphone, notamment :
- des vidéos montrant l’emballage de la drogue,
- des photos et messages,
- ainsi que des traces de transactions financières.
Bien que ces données aient été ultérieurement effacées à distance, les services indiquent que « l’élément matériel essentiel reste la drogue saisie ».
Le suspect aurait reconnu que la marchandise avait transité par sa chambre avant d’être transportée à l’aéroport, tout en niant en être le propriétaire. Il est également soupçonné d’avoir des connexions avec un réseau opérant entre Dubaï, la France et la Guinée.
Toutefois, lors de sa présentation à la presse, l’intéressé a rejeté les accusations, affirmant avoir été « piégé » et soutenant que la drogue ne lui appartient pas. Il indique que les 9 500 dollars retrouvés sur lui étaient destinés à une opération d’exportation de pâte d’arachide.

Un second cas à Kamsar : un kilogramme saisi
La deuxième opération a été menée à Kamsar, où un suspect nommé Younoussa Bangoura a été interpellé en flagrant délit avec 1 kg de cocaïne dissimulé sous ses vêtements.
Lors de son audition, il a reconnu les faits et dénoncé un présumé fournisseur basé à Boké, rapidement interpellé. D’autres complices seraient actuellement en fuite et activement recherchés.
Poursuites judiciaires engagées
Les personnes interpellées sont poursuivies pour :
- trafic de drogue,
- entrave à la saisine de la justice,
- complicité.
Ces faits sont prévus et punis par les articles 819, 708 et 20 du code pénal guinéen.
Les dossiers ont été orientés comme suit :
- l’affaire de Kamsar devant le tribunal de Boké,
- celle de l’aéroport devant le parquet de Kaloum, notamment en raison d’éléments liés à la cybercriminalité.
Un appel à la collaboration citoyenne
Les autorités ont insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective dans la lutte contre le trafic de drogue, qualifié de « fléau pour la sécurité nationale ».
« C’est grâce à la collaboration de citoyens que ces saisies ont été possibles », a souligné le commissaire, appelant la population à continuer de coopérer avec les services de sécurité.
Une lutte qui se poursuit
Cette nouvelle opération illustre la poursuite des efforts des services spéciaux dans la lutte contre le narcotrafic en Guinée, dans un contexte marqué par la multiplication des réseaux transnationaux.

