Une nouvelle attaque d’une extrême violence a visé des éleveurs dans la sous-préfecture de Lainé, à quelques kilomètres de Lola. Dans la nuit du samedi à dimanche, entre 2h et 3h du matin, des individus non identifiés ont pénétré dans un parc d’élevage, où ils ont sauvagement abattu 41 veaux à coups de machette.
Selon Mamadi Mbamba, chargé de la prévention et de la résolution des conflits au sein de la filière élevage à Nzérékoré, les assaillants ont forcé l’enclos pourtant sécurisé par des grillages avant de s’en prendre aux animaux. « Ils ont trouvé les veaux dans le parc et les ont tués un à un. Ils ont également emporté une partie de la viande », a-t-il expliqué.
Alertées, les autorités locales ont rapidement réagi. Une mission conjointe composée de la direction préfectorale de l’agriculture et de l’élevage, ainsi que de la gendarmerie, a été dépêchée sur les lieux sur instruction du préfet de Lola. Sur place, les agents ont constaté les dégâts et procédé au ramassage des carcasses.
Mais pour les acteurs de la filière, cet énième drame est loin d’être un cas isolé. « Cette année, nous avons enregistré plus de 10 000 têtes de bétail abattues dans la région forestière, dont 95 % dans la préfecture de Lola », affirme Mamadi. Mbamba, qui évoque un climat d’insécurité devenu chronique.
Plus inquiétant encore, certains auteurs présumés de ces actes auraient déjà été interpellés par le passé, puis remis en liberté provisoire sans qu’aucun jugement ne soit rendu. « Les dossiers sont déposés devant la justice, mais jusqu’à présent, il n’y a eu aucun jugement », déplore-t-il.
Face à cette situation, les éleveurs lancent un appel pressant aux autorités nationales. Ils réclament non seulement la sécurisation effective des zones d’élevage, mais aussi l’application rigoureuse de la loi contre les auteurs de ces actes.
« Ce qui se passe aujourd’hui à Lola est grave. Si les hautes autorités étaient pleinement informées, elles n’allaient pas rester sans réagir », estime Mamadi Bamba, qui invite également les médias à relayer la situation.
Au-delà des pertes économiques, ces attaques répétées ont des répercussions sur l’ensemble de la filière viande en Guinée. La raréfaction du bétail contribue à la flambée des prix, affectant directement les consommateurs.
Dans une région où l’élevage constitue une source essentielle de revenus, l’urgence d’une réponse forte des autorités se fait de plus en plus pressante.

