La Cour de justice de la CEDEAO a officiellement lancé, ce mardi 13 mai 2026 à Conakry, une mission de sensibilisation et de communication destinée à mieux faire connaître son mandat, ses compétences et ses mécanismes de saisine aux citoyens et acteurs institutionnels guinéens.
La cérémonie d’ouverture a réuni plusieurs hautes personnalités, parmi lesquelles le premier président de la Cour suprême de Guinée, Fodé Bangoura, le ministre de la Justice et des droits de l’Homme Ibrahima Sory 2 Tounkara, ainsi que le président de la Cour de justice de la CEDEAO, Ricardo Claudio Montero-González.

Fodé Bangoura plaide pour une meilleure appropriation du droit communautaire
Dans son discours, Fodé Bangoura a salué l’organisation de cet atelier à Conakry, estimant qu’il traduit « la confiance placée en la République de Guinée » ainsi que « l’intérêt croissant porté à la diffusion du droit communautaire ». Selon lui, l’effectivité du droit communautaire passe nécessairement par une meilleure appropriation des mécanismes juridictionnels régionaux par les juridictions nationales, les praticiens du droit et les citoyens. Le président de la Cour suprême a également insisté sur le rôle stratégique des juridictions nationales dans l’intégration des normes communautaires à travers « l’interprétation, l’harmonisation juridictionnelle et le dialogue des juges ». Il a souhaité que les travaux débouchent sur des recommandations concrètes permettant d’améliorer la visibilité et l’accessibilité de la justice communautaire en Guinée.
La CEDEAO met en avant son rôle dans la protection des droits humains
Prenant la parole à son tour, Ricardo Claudio Montero-González a rappelé que la Cour de justice de la CEDEAO, créée en 1991 et opérationnelle depuis 2003, constitue « la principale institution juridique de la communauté ». Il a souligné que cette juridiction régionale joue un rôle majeur dans la protection des droits humains, l’interprétation uniforme du droit communautaire et le règlement des différends impliquant les États membres et les institutions de la CEDEAO. Le président de la Cour a particulièrement mis en avant l’accès direct des citoyens et des organisations non gouvernementales à cette juridiction, sans obligation préalable d’épuiser les recours internes dans certaines affaires liées aux droits humains. « Depuis le début de ses activités, le tribunal a rendu plus de 200 décisions portant notamment sur les violations des droits humains, les détentions illégales, les contentieux électoraux ou encore la liberté d’expression », a-t-il indiqué, tout en reconnaissant les défis liés à l’exécution des décisions de la Cour par les États membres.
La Guinée réaffirme son engagement pour l’intégration régionale
De son côté, le ministre guinéen de la Justice, Ibrahima Sory 2 Tounkara, a réaffirmé l’attachement de la Guinée au processus d’intégration régionale et au respect des engagements communautaires. Il a estimé que la tenue de ces audiences hors siège à Conakry constitue « une opportunité précieuse » pour renforcer la coopération judiciaire entre les juridictions nationales et communautaires.
Des audiences hors siège prévues jusqu’au 18 mai
Le greffier de la Cour de justice de la CEDEAO a, quant à lui, rappelé que cette mission de sensibilisation sera suivie d’audiences hors siège prévues du 15 au 18 mai 2026 dans la capitale guinéenne. Il a expliqué que cette initiative vise à rapprocher davantage la justice communautaire des citoyens et à renforcer les relations entre la Cour et les différentes parties prenantes en Guinée. Durant quatre jours, magistrats, avocats, universitaires, représentants de la société civile, étudiants et membres des institutions républicaines échangeront autour du fonctionnement de la juridiction communautaire, des droits humains et des mécanismes d’intégration judiciaire dans l’espace ouest-africain.

