Le groupe parlementaire Takku Wallu de l’APR s’oppose à la possible réintégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale. Face à la presse ce lundi, Aïssata Tall Sall a dénoncé un « coup d’État institutionnel » et appelé le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, à saisir le Conseil constitutionnel pour avis.
À la suite de la démission du président de l’Assemblée nationale ouvrant la voie à une possible réintégration d’Ousmane Sonko au Parlement, le groupe parlementaire Takku Wallu de l’Alliance pour la République est monté au créneau ce lundi face à la presse.
Les députés de l’opposition dénoncent ce qu’ils qualifient de manœuvre politique et entendent, selon eux, « éclairer l’opinion sur les véritables tenants et aboutissants de cette situation ».
S’exprimant sur le fond du dossier, Aïssata Tall Sall estime que la situation juridique ne relève pas de la suspension de mandat prévue à l’article 124 du règlement intérieur de l’Assemblée nationale, mais plutôt de l’incompatibilité prévue par la Constitution. Ainsi, elle soutient qu’Ousmane Sonko est démissionnaire de fait.
« Il s’agira d’un coup d’État institutionnel. Nous ne pouvons pas accepter que les institutions soient dévoyées pour régler une situation politique, encore moins une situation personnelle », a-t-elle martelé.
Poursuivant son argumentaire, elle précise que la loi n’ouvre aucun recours aux députés dans cette situation : « Si nous avions les moyens de recours, nous l’aurions fait. La Constitution n’offre de recours que s’il s’agit du vote d’une loi, ce qui n’est pas le cas », a-t-elle confié.
La députée estime par ailleurs que la responsabilité revient à l’exécutif, en l’occurrence au chef de l’État, qui dispose selon elle de la possibilité de saisir le Conseil constitutionnel pour avis.
« La Constitution lui permet de demander un avis à l’article 92. Moi-même, je peux rédiger cet avis si le président le souhaite. Donc, le groupe Takku Wallu demande au président d’engager une demande d’avis auprès du Conseil constitutionnel », a-t-elle soutenu.
Avant d’ajouter : « Nous le lui demandons de façon grave, dans tout le respect que nous lui devons, de prendre cette responsabilité à bras-le-corps et d’engager la demande d’avis auprès du Conseil constitutionnel. »

