Les récentes altercations entre élèves et enseignants dans certains établissements scolaires continuent de susciter des réactions au sein de la communauté éducative. Interrogé sur le sujet, Moustapha Soumah, secrétaire chargé des conflits, revendications et négociations au Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG) et professeur d’histoire au lycée Donka, a exprimé sa profonde inquiétude face à la dégradation du climat scolaire.
Selon lui, les comportements irrespectueux de certains élèves à l’égard des enseignants constituent un phénomène préoccupant qui mérite une attention particulière de la part des parents, des responsables d’établissements et des autorités éducatives.
« L’attitude observée récemment dans une école est inacceptable. Une élève est sortie du cadre de la politesse et du respect dû à un enseignant. Ce genre de comportement ne doit pas avoir sa place dans un établissement scolaire », a-t-il déclaré.
Toutefois, le responsable syndical estime que le professeur impliqué dans l’incident n’a pas non plus adopté la meilleure attitude. Pour lui, l’enseignant aurait dû garder son calme et saisir l’administration de l’école au lieu de s’engager dans une confrontation directe avec l’élève.
Une responsabilité partagée, mais une administration pointée du doigt
Pour Moustapha Soumah, la responsabilité principale dans ce dossier incombe aux autorités de l’établissement concerné. Il rappelle que l’enseignant était en situation d’évaluation et qu’il aurait dû bénéficier d’un encadrement adéquat.
« Lorsqu’un professeur est soumis à un test, il doit être accompagné et supervisé. Le laisser seul face à des élèves qu’il ne connaît pas et qui ne le connaissent pas non plus était une erreur », estime-t-il.
Selon lui, l’absence de supervision a favorisé l’escalade de la tension entre les deux parties, chacun cherchant à imposer son autorité à l’autre au détriment du cadre pédagogique.
Les enseignants appelés à privilégier les voies administratives
Face à la montée des actes d’indiscipline dans les salles de classe, le syndicaliste invite les enseignants à éviter toute forme de confrontation physique ou verbale avec les élèves.
« Le professeur reste le maître de sa classe. Mais lorsqu’il ne parvient plus à maîtriser une situation, il doit immédiatement faire appel à la direction. C’est à l’administration d’intervenir pour rétablir l’ordre », souligne-t-il.
Il met en garde contre les conséquences d’une réaction impulsive de l’enseignant. Selon lui, lorsque la situation dégénère en violence, l’attention de l’opinion publique se détourne souvent de l’impolitesse de l’élève pour se focaliser sur le comportement du professeur, ce qui nuit à l’image de toute la corporation enseignante.
La démission des parents en cause
Moustapha Soumah estime également que la multiplication des comportements déplacés en milieu scolaire trouve son origine dans un déficit d’encadrement familial.
« Les parents ont une grande part de responsabilité. L’éducation de base doit être assurée à la maison. Le rôle du professeur est de transmettre le savoir, mais cela nécessite un environnement discipliné », affirme-t-il.
Il considère que l’école ne peut à elle seule compenser les manquements observés dans l’éducation familiale et appelle à une implication accrue des parents dans le suivi du comportement de leurs enfants.
Tolérance zéro contre les violences à l’école
Le responsable du SLECG rappelle enfin que les châtiments corporels et toute autre forme de violence sont désormais interdits dans les établissements scolaires.
« Le fouet est prohibé à l’école. Les violences physiques, verbales et psychologiques sont condamnées. Les enseignants doivent comprendre que les méthodes d’hier ne sont plus adaptées aux réalités actuelles », insiste-t-il.
Reconnaissant que de nombreux enseignants ont eux-mêmes été éduqués dans un système où les punitions corporelles étaient courantes, il estime néanmoins que les pratiques doivent évoluer conformément aux nouvelles orientations éducatives.
Pour mettre fin à ces dérives, Moustapha Soumah appelle les autorités compétentes à renforcer les mécanismes de sensibilisation et à appliquer rigoureusement les textes encadrant la vie scolaire afin de promouvoir un climat de respect mutuel entre enseignants et élèves.

