Au lendemain de la nomination de Bintou Keïta à la tête du ministère de l’Éducation nationale, le Syndicat national de l’éducation (SNE) se dit prêt à accompagner la nouvelle ministre, tout en l’appelant à engager rapidement des réformes de fond pour redresser un secteur confronté à de nombreux défis.
Interrogé sur cette nomination, le secrétaire à l’information et à la communication du Bureau exécutif national du SNE, Sekou Kamano, estime que le parcours international de la nouvelle ministre constitue un atout, tout en rappelant que « le CV ne fait pas à lui seul un bon ministre ».
Selon lui, Bintou Keïta prend les commandes d’un département particulièrement complexe, où elle devra gérer les attentes des enseignants, des élèves, des parents d’élèves ainsi que celles de l’État. « Il faudra faire preuve de courage, de management et savoir prendre les bonnes décisions lorsque les circonstances l’exigeront », affirme-t-il.
Une nouvelle dynamique attendue
Revenant sur le départ d’Alpha Bacar Barry, le responsable syndical refuse d’y voir une sanction liée aux dysfonctionnements enregistrés lors des examens nationaux de 2026. Il estime toutefois qu’un nouvel élan était devenu nécessaire après une année scolaire marquée par de nombreuses difficultés.
Le syndicat rappelle avoir, à l’issue des examens, organisé une conférence de presse pour dénoncer les insuffisances du processus et interpeller les autorités sur les responsabilités des différents acteurs. Il regrette que ces préoccupations n’aient pas reçu l’attention souhaitée de l’ancien ministre.
Des réformes structurelles réclamées
Pour le SNE, tous les chantiers de l’éducation sont prioritaires. Parmi les urgences figurent la formation continue des enseignants, la révision des programmes d’enseignement, l’amélioration des infrastructures scolaires ainsi que le renforcement des effectifs enseignants.
Le syndicat déplore notamment que de nombreux enseignants recrutés depuis 2004 et 2005 n’aient jamais bénéficié de formation de perfectionnement. Il souligne également que les programmes scolaires n’ont pas été révisés depuis 2009, malgré l’évolution des besoins du système éducatif et du marché de l’emploi.
Sekou Kamano dénonce par ailleurs l’existence d’écoles sous paillotes, de classes multigrades et le déficit d’enseignants dans plusieurs établissements, des situations qu’il juge incompatibles avec les exigences d’une éducation moderne.
Les contractuels et les examens au cœur des priorités
Le Syndicat national de l’éducation demande également que le dossier des enseignants contractuels non retenus soit traité dans les meilleurs délais afin de combler le déficit de personnel dans les écoles.
Autre priorité : un audit complet de l’organisation des examens nationaux de la session 2026. Pour le syndicat, il est indispensable d’identifier les responsabilités afin d’éviter la répétition des mêmes dysfonctionnements lors des examens de 2027.
Un appel au dialogue social
Le SNE espère enfin instaurer une relation de confiance avec la nouvelle ministre. Le syndicat annonce la rédaction prochaine d’un mémorandum qui présentera ses attentes, les réformes jugées indispensables ainsi que les principales préoccupations des enseignants.
« Notre main reste tendue. Nous souhaitons être considérés comme des partenaires sociaux et non comme des adversaires », insiste Sekou Kamano, convaincu qu’un dialogue permanent entre le ministère et les syndicats constitue une condition essentielle pour réussir les réformes du système éducatif guinéen.
À l’approche de la rentrée scolaire 2026-2027, le Syndicat national de l’éducation appelle ainsi les nouvelles autorités à agir rapidement afin d’assurer une rentrée apaisée, inclusive et de meilleure qualité pour l’ensemble des élèves guinéens.

