Le hall de l’aéroport international Ahmed Sékou Touré a connu une animation particulière ce jeudi 30 juillet. Après plusieurs mois passés à la tête de la Direction générale des élections (DGE), Mme Djenabou Touré a foulé le sol guinéen avec un nouveau statut : celui de ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation.
Nommée lundi dernier par décret présidentiel, l’ancienne patronne de la DGE arrivait de la République du Congo. À sa descente d’avion, une foule de collaborateurs, de proches et de sympathisants l’attendait, brandissant des messages de soutien et saluant son accession à l’un des départements les plus stratégiques du gouvernement.
Visiblement émue, Mme Djenabou Touré a pris quelques minutes pour s’adresser à la presse nationale. Dans une déclaration aux accents de reconnaissance, elle a d’abord tenu à remercier le Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, pour la confiance placée en elle. Elle a également associé à cette nomination « le peuple de Guinée », les organisations de la société civile, les médias et l’ensemble des acteurs ayant accompagné les différents processus électoraux organisés par la DGE.
« C’est un travail collectif qui a payé. Tout le monde a participé pour que le processus soit couronné de succès », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter que cette nomination constitue aussi « une récompense pour toutes les femmes de Guinée ».
Une mission sous le signe de la proximité
Au-delà des remerciements, la nouvelle ministre a surtout voulu donner le ton de son action. Sous le regard attentif de ses collaborateurs, elle a annoncé son intention de travailler avec les autres membres du gouvernement « sous l’égide du Président de la République » afin de « changer l’administration territoriale et promouvoir le développement à la base ».
Trois priorités ont été clairement énoncées : le transfert des compétences vers les collectivités locales, le développement à la base et la restauration de l’autorité de l’État. Un triptyque qui reflète les défis auxquels fait face l’administration territoriale guinéenne, souvent confrontée à des difficultés de gouvernance locale et d’efficacité des services publics.
« Je m’engage à travailler pour le développement à la base et pour restaurer l’autorité de l’État », a-t-elle insisté, dans une déclaration accueillie par des applaudissements de ses partisans.
Un département stratégique
Le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation joue un rôle central dans l’organisation administrative du pays, la gestion des collectivités locales et le suivi des autorités déconcentrées. La nomination de Mme Djenabou Touré intervient donc à un moment où les attentes sont fortes en matière de renforcement de la gouvernance territoriale.
Son expérience à la tête de la DGE, où elle a supervisé l’organisation des scrutins référendaires, présidentiels, législatifs et communaux, est perçue par plusieurs observateurs comme un atout pour la conduite des réformes administratives annoncées par les autorités de la transition.
Avant de quitter l’aéroport, la nouvelle ministre a lancé un appel aux professionnels des médias, qu’elle considère comme des partenaires dans la réussite de sa mission. « J’invite toute la presse guinéenne et tous ceux qui m’ont accompagnée depuis toutes ces années à continuer à m’accompagner alors que je prends officiellement mes fonctions demain vendredi », a-t-elle conclu.
La cérémonie officielle de prise de fonction de Mme Djenabou Touré est attendue ce vendredi à Conakry, avec en toile de fond la promesse d’une administration territoriale « plus proche des citoyens et plus forte dans l’exercice de l’autorité de l’État ».

