La Guinée prend désormais les commandes de la plateforme des régulateurs de l’audiovisuel des pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Guinée. La présidence de cette organisation a officiellement été confiée, mardi 1er septembre 2026 à Conakry, à Boubacar Yacine Diallo, président de la Haute Autorité de la Communication (HAC).
La cérémonie de passation de charges s’est tenue à l’issue de la 12ᵉ assemblée générale de la plateforme, organisée les 31 août et 1er septembre dans la capitale guinéenne. Cette rencontre a notamment permis aux responsables des différents organes de régulation de faire le bilan des travaux, d’examiner les recommandations formulées par les experts et de procéder au renouvellement de certaines instances dirigeantes.
À la clôture des travaux, Mamadou Oumar N’diaye, président du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) du Sénégal, a présenté les principales conclusions de la réunion des présidents des organes de régulation.
Il a notamment fait état de l’adoption à l’unanimité du bilan financier de la plateforme, soulignant la bonne gestion des ressources de l’organisation.
« La conférence des présidents d’organes de régulation de l’audiovisuel des pays membres de l’UEMOA et de la Guinée s’est réunie ce matin ici même. Il y avait deux points à son ordre du jour. Le premier concernait le bilan technique et financier. Le rapport financier a été adopté à l’unanimité par acclamation. On peut dire que les finances de la plateforme sont bien gérées, elles sont également bien tenues et en bon ordre », a-t-il expliqué.
La réunion a également permis de désigner le nouveau vice-président de la plateforme. À l’issue du vote, le représentant du Niger, Ibrahim Manzou, a été élu par acclamation.
Pour Mamadou Oumar N’diaye, ce choix constitue un signal important en faveur de la solidarité entre les institutions de régulation de la région, notamment avec le retour du Niger au sein de cette communauté.
« La candidature du Niger a été plébiscitée parce que la plateforme a été particulièrement sensible au fait qu’il y a, disons, un retour de l’instance de régulation de l’audiovisuel du Niger au sein de la grande famille des régulateurs africains après une période de suspension », a-t-il indiqué.
En marge de l’assemblée générale, les participants ont également effectué une visite au port minéralier de Moribaya, dans le cadre du projet Simandou 2040. Une visite particulièrement appréciée par le président du CNRA du Sénégal, qui a salué l’importance stratégique de cette infrastructure pour la Guinée et au-delà.
« Le président Boubacar Yacine Diallo nous a invités à nous rendre en visite à Moribaya, au port minéralier du projet Simandou 2040, qui constitue vraiment une infrastructure majeure dont toute l’Afrique a lieu d’être fière. Si nous étions repartis sans avoir visité cette infrastructure, je crois qu’il nous aurait manqué beaucoup de choses », a-t-il déclaré.
La passation de la présidence a constitué le principal moment de la cérémonie de clôture. Le président sortant, représentant l’organe de régulation du Togo, a ainsi transmis officiellement ses responsabilités à Boubacar Yacine Diallo.
« Le point le plus important, je l’ai gardé pour la fin comme on dit, c’est la passation de charge entre le président sortant de la HAAC du Togo, qui a donc transmis la charge de président de la plateforme des régulateurs de l’audiovisuel de l’UEMOA et de la Guinée au président Boubacar Yacine Diallo, président de la Haute Autorité de Communication de la Guinée. Nous adressons toutes nos félicitations au président Boubacar Yacine Diallo, dont nous ne doutons pas qu’il portera encore plus haut notre plateforme. Félicitations et bon vent également à son vice-président Ibrahim Manzou du Niger », a-t-il conclu.

Cette 12ᵉ assemblée générale a également permis aux participants de dégager plusieurs recommandations autour du thème consacré à la régulation des réseaux sociaux, aux enjeux de cybersécurité et à la préservation de la cohésion sociale.
Au nom du comité des experts, Matar Sall a présenté les principales orientations retenues. Les participants appellent notamment les États à adapter leurs législations et leurs réglementations afin de mieux encadrer les plateformes numériques et à renforcer les prérogatives des organes de régulation dans le domaine des réseaux sociaux et des plateformes de partage.
La rencontre a également insisté sur la nécessité d’adapter les réglementations aux évolutions liées au numérique et à l’intelligence artificielle, tout en favorisant une harmonisation des pratiques entre les différents pays membres.
« Promouvoir une convergence réglementaire dans les pays constituant la plateforme pour standardiser les approches face aux contenus numériques transversaux. L’éducation aux médias et au numérique figure également parmi les priorités retenues. La mise en œuvre de l’accord de collaboration entre l’UEMOA et la plateforme des régulateurs, en vue de contribuer à l’adoption de normes communautaires sur les réseaux sociaux. Une collaboration renforcée avec les plateformes numériques afin d’établir des protocoles garantissant davantage de transparence concernant les algorithmes et la modération des contenus. La proposition d’initier une rencontre avec la Commission de l’UEMOA afin de l’inviter à saisir la Guinée-Bissau sur la question de l’indépendance et de l’autonomie financière et de gestion de son Conseil national de la communication sociale. Enfin, l’assemblée générale a recommandé de veiller à la régularité des rencontres du comité des juristes experts en régulation des médias, afin de lui permettre de jouer pleinement son rôle.», a notamment indiqué Matar Sall lors de la lecture des recommandations.
Ces recommandations traduisent la volonté des régulateurs de mieux répondre aux transformations du paysage médiatique, marqué par l’essor rapide des réseaux sociaux, tout en recherchant un équilibre entre régulation, liberté d’expression, cybersécurité et cohésion sociale.

Élu pour un mandat de deux ans, le nouveau président de la plateforme a exprimé sa satisfaction à l’issue des travaux et salué la participation des différents responsables de régulation.
Revenant sur la visite de Moribaya, Boubacar Yacine Diallo a également rendu hommage à la presse guinéenne, qu’il considère comme ayant joué un rôle important dans le maintien de la paix durant la période électorale.
« Je suis heureux d’avoir accompagné ce matin mes collègues au port minéralier de MoribayaH. Vous avez entendu leur témoignage, je n’en dirai pas plus. Je voudrais enfin saluer la presse guinéenne, publique et privée, tout support confondu. Je me vante à dire que si la paix a été avant, pendant et après les élections, la presse guinéenne a joué un grand rôle. Que cette presse soit félicitée, qu’elle soit encouragée », a-t-il affirmé.
Le président de la HAC a par ailleurs tenu à clarifier la démarche d’assainissement engagée au sein du secteur des médias. Selon lui, cette initiative vise avant tout à renforcer la crédibilité et le respect de la profession.
« La dynamique d’assainissement que la HAC a entreprise n’est pas dirigée contre la presse. Au contraire, c’est pour assainir les rangs des journalistes, assainir les rangs des médias pour que les journalistes et la profession soient respectés comme c’est le cas aujourd’hui », a-t-il précisé.
Pour les deux années de son mandat, Boubacar Yacine Diallo entend placer le renforcement des capacités des professionnels des médias au premier rang de ses priorités. Il souhaite également développer davantage la coopération entre les différents organes de régulation de l’espace communautaire.
« Je voudrais donc rassurer la presse que ce mandat de deux ans lui est dédié. Il lui est dédié parce que surtout notre presse s’est rajeunie. Mais je pense qu’il y a des priorités et pour moi la première priorité, c’est le renforcement des capacités des journalistes. L’expérience de la Guinée a prouvé que nous n’avons pas besoin d’aller chercher des compétences en dehors de notre continent. Nous avons envoyé des commissaires et du personnel de la HAC à Cotonou, à Abidjan, à Lomé, à N’Djamena, au Burkina Faso, nous les avons emmenés partout. Nous allons solliciter les pays qui sont en avance pour que nous puissions être en mesure de réguler sans censurer les réseaux sociaux, qui sont à la fois utiles et nuisibles selon l’usage que les auteurs en font », a-t-il déclaré. », a-t-il souligné.
Avec cette nouvelle présidence, la Guinée entend ainsi contribuer au renforcement de la coopération entre les régulateurs de l’espace UEMOA et de la Guinée, tout en mettant l’accent sur la formation des journalistes, l’adaptation de la régulation aux mutations numériques et la recherche d’une meilleure coordination face aux défis posés par les réseaux sociaux.
À l’issue de son intervention, Boubacar Yacine Diallo a officiellement déclaré clos les travaux de la 12ᵉ assemblée générale de la plateforme des régulateurs de l’audiovisuel des pays membres de l’UEMOA et de la Guinée.
Laleman Guinée

