À l’ouverture officielle de la 10ᵉ législature, lundi 5 octobre 2026, le président de l’Assemblée nationale, Dr Dansa Kourouma, a placé son discours sous le signe de la responsabilité, de l’action et des résultats. Il a également salué le retour de la Guinée à l’ordre constitutionnel et appelé à renforcer la coopération parlementaire africaine.
La 10ᵉ législature de la République de Guinée est officiellement entrée dans une nouvelle phase de son histoire. Réunis ce lundi 5 octobre 2026 à l’occasion de la rentrée parlementaire, les députés ont entamé leur mandat sous le thème : « Construire la Guinée de 2040 : la 10ᵉ législature au cœur de la souveraineté, de la prospérité et de l’intégrité africaine ».
Dans son discours d’ouverture, le président de l’Assemblée nationale, Dr Dansa Kourouma, a rappelé que le mandat des députés découle directement de la volonté populaire exprimée lors des élections législatives du 31 mai 2026. Selon lui, les électeurs n’ont pas seulement choisi des représentants, mais leur ont confié une responsabilité constitutionnelle majeure : représenter la Nation, participer à l’élaboration des lois, contrôler l’action gouvernementale et contribuer à l’évaluation des politiques publiques.
Revenant sur l’installation de la première législature de la Ve République, le 13 juillet dernier, il a souligné que la rentrée parlementaire du 5 octobre marque désormais le passage de la mise en place institutionnelle à l’action.
« L’histoire ne retient pas seulement les dates. Elle retient les actes», a déclaré Dansa Kourouma, invitant les parlementaires à faire de cette législature un espace de responsabilité plutôt qu’un simple moment de célébration.
Le président de l’Assemblée nationale a également rendu hommage au peuple de Guinée, dont il a salué la patience, la maturité et l’attachement au pays. Il a par ailleurs reconnu le rôle joué par le Conseil national de la transition dans la continuité de l’institution parlementaire et dans l’ouverture de plusieurs chantiers dont la nouvelle législature hérite.
Une large partie de son intervention a été consacrée au retour de la Guinée à l’ordre constitutionnel. Dansa Kourouma a salué l’engagement du président de la République, Mamadi Doumbouya, estimant que le processus engagé depuis 2021 a progressivement conduit le pays vers de nouvelles institutions issues du processus électoral.
Il a toutefois insisté sur la nécessité de mesurer l’action publique à ses résultats. Pour lui, les institutions et les responsables publics ne seront pas jugés uniquement sur leurs discours, mais sur la solidité des institutions construites, la portée des décisions prises et l’héritage laissé aux générations futures.
Le président de l’Assemblée nationale a également évoqué les ambitions du Programme 2024, notamment la transformation structurelle de l’économie, la valorisation des ressources naturelles, le développement des infrastructures, la création d’opportunités pour la jeunesse et l’amélioration des conditions de vie des populations.
Sur le plan parlementaire, il a appelé les députés à s’inspirer des principes d’engagement, de rigueur et d’exemplarité. « Parler moins, agir plus et laisser les résultats témoigner de l’action publique », a-t-il notamment déclaré, en présentant cette exigence comme une orientation devant également guider le travail de la représentation nationale.
Une ouverture tournée vers l’Afrique
La rentrée parlementaire a également été marquée par la présence de plusieurs délégations parlementaires africaines. Des représentants du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, de la Sierra Leone, du Gabon, du Togo, du Liberia, du Mali et de la Guinée-Bissau ont pris part à l’événement.
Dansa Kourouma a vu dans cette présence un symbole de la fraternité entre les peuples africains. Il a rappelé les liens historiques de la Guinée avec les luttes d’émancipation du continent, son rôle dans la création de l’Organisation de l’unité africaine en 1963 ainsi que son implication dans les dynamiques d’intégration régionale.
Pour lui, malgré l’évolution des cadres institutionnels africains, « la fraternité entre nos peuples demeure». Le panafricanisme, a-t-il estimé, doit rester une boussole pour la Guinée.
La deuxième journée de cette rentrée parlementaire doit d’ailleurs être consacrée aux échanges entre parlementaires africains, avec l’objectif de partager les expériences et de renforcer les institutions du continent.
Avec cette rentrée, la 10ᵉ législature ouvre ainsi une nouvelle séquence institutionnelle, avec une responsabilité centrale : transformer le mandat confié par les électeurs en lois, contrôles, politiques et résultats concrets au service de la Nation.
Laleman Guinée

