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Accueil » 10ᵉ législature : l’appel à la responsabilité de Dansa Kourouma
Politique

10ᵉ législature : l’appel à la responsabilité de Dansa Kourouma

Loni-infosBy Loni-infos6 octobre 2026Aucun commentaire7 Mins Read
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À l’occasion de la rentrée parlementaire du 5 octobre 2026, le président de l’Assemblée nationale, Dr Dansa Kourouma, a appelé les 147 députés de la 10ᵉ législature à faire de leur mandat une responsabilité au service de la Nation. Présence, travail, responsabilité, exemplarité et efficacité : le chef du Parlement a fixé les principales exigences qui doivent guider l’action de la nouvelle Assemblée.

Après avoir salué la présence des délégations parlementaires africaines à Conakry, le président de l’Assemblée nationale a invité ses hôtes à découvrir une Guinée en transformation, attachée à son histoire et tournée vers l’avenir.

« Nous souhaitons que votre séjour vous permette ainsi de découvrir une Guinée qui se transforme. Une Guinée qui s’ouvre au monde, une Guinée qui assume pleinement son histoire et qui regarde résolument vers son avenir avec responsabilité et assurance. Une Guinée qui croit que les relations entre les nations ne se construisent pas seulement par les accords que nous signons, mais aussi par les liens que nous tissons, la confiance que nous établissons et le dialogue que nous entretenons. »

Mais derrière cette séquence consacrée à l’hospitalité et à la coopération africaine, Dr Dansa Kourouma a également tenu à rappeler les épreuves récemment traversées par la Guinée, notamment les drames liés aux pluies, aux accidents et à l’éboulement survenu à la décharge de Dar-es-Salam, à Conakry.

« Notre joie de ce jour ne saurait nous faire oublier les épreuves que notre peuple a traversées durant l’intercession, l’éboulement survenu à la décharge de Dar-es-Salam à Conakry, les pluies, les accidents mortels, etc. À la mémoire de toutes ces victimes, nous nous inclinons pieusement devant notre Dieu pour que leurs âmes reposent en paix. »

Tout en saluant les efforts de l’État, des partenaires, du secteur privé et des organisations communautaires pour venir en aide aux familles touchées, le président de l’Assemblée nationale a estimé que la solidarité devait désormais s’accompagner d’une véritable politique de prévention.

« La compassion est un devoir, elle ne saurait être une politique. Lorsque les mêmes drames se répètent, la fatalité ne suffit plus à les expliquer. Il appartiendra à notre Assemblée, dans l’exercice de ses fonctions constitutionnelles, de prendre la mesure et d’agir en toute responsabilité. Honorer nos morts, c’est aussi faire en sorte que de telles tragédies ne se reproduisent plus. »

« Nous ne devons pas rester prisonniers du passé »

Dans son intervention, Dr Dansa Kourouma a également appelé à tourner la page de la période de transition et à inscrire l’action de la nouvelle Assemblée dans le cadre de la Ve République.

« Nous venons de loin. Il faut avoir l’honnêteté de reconnaître le chemin parcouru et la lucidité de mesurer celui qui reste à faire. Le chemin parcouru est celui d’un pays qui a su traverser une période d’exception sans renoncer à ses institutions et qui s’est donné une nouvelle loi fondamentale. Mais un peuple qui ne regarde que derrière finit par trébucher sur l’avenir. »

Pour le président du Parlement, la nouvelle législature doit donc s’inscrire dans une dynamique tournée vers l’avenir.

« Nous ne devons pas rester prisonniers du passé, ni de ses blessures, ni de ses querelles. La transition a accompli sa mission. La Ve République est désormais notre maison commune et c’est dans sa nouvelle architecture constitutionnelle que nous devons pleinement entrer, avec ses équilibres, ses exigences et ses promesses. »

La nouvelle Assemblée compte 147 députés répartis au sein de 13 commissions permanentes et de trois groupes parlementaires. Une nouvelle configuration qui, selon le président de l’institution, implique également une nouvelle responsabilité.

« Quelle Assemblée nationale voulons-nous être ? »

Dr Dansa Kourouma a ensuite exposé sa vision de l’institution parlementaire qu’il souhaite voir émerger au cours de cette législature.

« Nous voulons une Assemblée forte, non par l’éclat de sa voix, mais par la qualité de son travail. Forte, non contre les autres institutions, mais à leurs côtés, dans le respect scrupuleux de la séparation des pouvoirs. »

Il souhaite également une institution davantage adaptée aux exigences contemporaines.

« Nous voulons une Assemblée moderne qui maîtrise les outils de son temps, qui fonde ses décisions sur des données fiables et qui sait s’entourer d’expertise lorsque les conditions de travail l’exigent. Nous voulons une Assemblée ouverte dont les portes et les travaux sont accessibles aux citoyens et qui se donne à comprendre autant qu’à voir. »

À cette exigence de modernité s’ajoutent celles de la responsabilité et de l’efficacité.

« Nous voulons une Assemblée responsable, consciente que chacun de ses votes engage la vie quotidienne de millions de Guinéens. Nous voulons enfin une Assemblée efficace qui produit, qui contrôle, qui évalue. Une Assemblée qui travaille davantage qu’elle ne communique. Car, au bout du compte, ce n’est pas le bruit qui fera de nous ce que nous sommes. Ce sont notre action, les faits et nos résultats. »

« Le mandat que nous avons reçu n’est pas une récompense »

S’adressant directement aux députés, le président de l’Assemblée nationale a insisté sur la nature du mandat parlementaire.

« Le mandat que nous avons reçu n’est pas une récompense. Ce n’est ni un titre honorifique, ni une position sociale, ni un privilège. C’est une charge, au sens le plus noble et le plus exigeant du terme. Le peuple ne nous a pas élus pour que nous soyons quelqu’un. Il nous a élus pour que nous fassions quelque chose. »

Il a également rappelé le caractère national du mandat des députés, au-delà des limites de leurs circonscriptions électorales.

« Chacun d’entre nous a été élu dans une circonscription ou sur une liste, mais aucun d’entre nous ne représente une parcelle de la Nation. Le député de Boké est aussi celui de Nzérékoré. Le député de Kankan est aussi celui de Labé. Le député de Kaloum est aussi celui du paysan de Kissidougou et du pêcheur de Boffa. Notre mandat est national et notre regard doit l’être aussi. »

Les premières priorités de la législature

Pour conclure cette partie de son discours, le président de l’Assemblée nationale a présenté les grandes lignes de la feuille de route de la première session ordinaire unique de la législature.

La première priorité concerne le parachèvement du cadre juridique des institutions de la République.

« Une Constitution, aussi belle soit-elle, demeure une promesse tant que ses lois organiques ne lui ont pas donné vie. Car sans ces lois, la Constitution reste une architecture inachevée. Ce sont elles qui précisent l’organisation, la composition, les attributions et le fonctionnement de nos institutions. Sans elles, l’édifice constitutionnel restera inachevé, comme si l’on avait dessiné les plans sans poser toutes les pierres. »

La deuxième priorité porte sur l’amélioration de la qualité de la production législative et l’effectivité des lois.

« Le temps n’est plus où l’on mesurait le travail d’une Assemblée au nombre de textes votés. Ce qui compte, c’est la qualité de ces textes et surtout leurs effets réels sur la vie des citoyens. Une loi qui n’est pas appliquée est une loi qui affaiblit l’État. Une loi mal écrite est une loi qui divise les juges et égare les citoyens. Une loi sans moyens est une promesse sans lendemain. »

À travers cette intervention, Dr Dansa Kourouma a ainsi tracé les contours d’une législature qu’il veut davantage tournée vers le travail, le contrôle, la qualité de la loi et les résultats concrets, avec une exigence centrale : faire du mandat parlementaire un véritable instrument au service des citoyens et de la transformation du pays.

Laleman Guinée

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