Le ministère de la Fonction publique a ouvert un atelier consacré à la relecture et à l’actualisation des statuts particuliers des différents corps de fonctionnaires. Cette rencontre vise à adapter les textes aux nouvelles réalités de l’administration guinéenne, tout en renforçant la cohérence, l’équité et la performance dans la gestion des ressources humaines de l’État.
Prenant la parole, Yamoussa Nana Camara, Conseiller juridique, a souligné l’importance de cette initiative pour moderniser le cadre juridique de la fonction publique.
« La tenue du présent atelier répond à la nécessité de disposer des statuts particuliers adaptés aux réalités actuelles de notre administration publique. »
Selon lui, l’évolution des missions de l’État, l’apparition de nouveaux métiers et l’exigence accrue de performance rendent indispensable la mise à jour des textes régissant les différents corps de fonctionnaires.
Il précise que les travaux porteront notamment sur les statuts des greffiers, des personnels de l’éducation, de la santé et de l’administration territoriale. L’objectif est d’identifier les dispositions devenues obsolètes, de vérifier leur conformité avec le statut général de la fonction publique et de mieux encadrer le recrutement, le déroulement de carrière et l’avancement.
« L’enjeu est donc de parvenir à un juste équilibre entre l’harmonisation nécessaire du cadre de gestion de la fonction publique et la préservation des spécificités de chaque corps », a-t-il déclaré.
Faya François Bourouno : « La réforme de l’administration passe par la valorisation de la ressource humaine »
À son tour, Faya François Bourouno, ministre de la Fonction publique, a placé cette réforme au cœur de la transformation de l’administration guinéenne. Pour lui, aucune modernisation durable de l’État ne peut être envisagée sans une réforme profonde de la gestion des ressources humaines.
« Cet atelier que nous ouvrons aujourd’hui est un atelier extrêmement important parce que la réforme de l’administration, on ne peut pas la dissocier de la réforme de la ressource principale qui conçoit, qui pilote, qui suit et évalue le fonctionnement de l’administration. Et cette ressource, c’est la ressource humaine », a-t-il affirmé.
Le ministre a insisté sur la nécessité de disposer d’agents bien recrutés, formés et encadrés, bénéficiant de règles claires et de perspectives de carrière équitables. Il a également rappelé que les statuts particuliers doivent respecter le statut général de la fonction publique tout en tenant compte des spécificités propres à chaque métier.
« Il ne s’agira pas de créer des régimes disparates ou des avantages catégoriels, mais bien de rechercher un juste équilibre entre l’unité de la fonction publique et la reconnaissance des spécificités professionnelles », a-t-il précisé.
Vers une gestion fondée sur la performance
Faya François Bourouno a par ailleurs annoncé la poursuite de plusieurs chantiers liés à la modernisation de la gestion des ressources humaines, notamment l’opérationnalisation des cadres organiques, l’élaboration des fiches de poste et la mise en place de parcours professionnels mieux définis.
Il souhaite que l’évolution de carrière des agents repose davantage sur le rendement et les compétences que sur la seule accumulation de diplômes.
« L’objectif, c’est qu’à partir de l’année prochaine, le pilotage de la fonction publique repose complètement sur une logique de performance et de justice sociale », a-t-il déclaré.
Dans cette perspective, le ministre a annoncé la révision du répertoire des emplois, des métiers et des compétences, dont la version précédente remontait aux années 1960. Le nouveau référentiel doit intégrer les nouveaux métiers, les nouvelles compétences ainsi que les évolutions technologiques et administratives.
Trois exigences pour encadrer la réforme
Pour garantir la réussite des travaux, le ministre a identifié trois exigences majeures : la conformité juridique, l’équité et la performance.
« La première, c’est la conformité juridique. Il faut que tout ce que nous faisons soit en parfait alignement avec ce que notre socle juridique prévoit. La deuxième exigence, c’est l’équité dans le processus d’harmonisation. […] La troisième exigence, c’est l’exigence de la performance », a-t-il expliqué.
Il a également plaidé pour l’instauration d’un cycle régulier de révision des statuts particuliers, afin que leur actualisation ne dépende plus d’initiatives isolées de certains corps.
Au terme de l’atelier, les autorités attendent des propositions « complètes, juridiquement sécurisées et suffisamment consensuelles », susceptibles de permettre au gouvernement de disposer de statuts particuliers actualisés et adaptés aux réalités des différents corps de fonctionnaires.
Cette démarche s’inscrit, selon le ministre, dans l’ambition de construire une fonction publique « équitable, professionnelle, attractive et davantage orientée vers la performance et la qualité du service public », en cohérence avec les objectifs de transformation de l’administration à l’horizon 2040.
Laleman Guinée

