Ce lundi 24 mars 2025, les femmes du district de Bissandou, relevant de la sous-préfecture de Tintinoulén, dans la préfecture de Kankan, ont pris d’assaut la résidence du préfet. Ces femmes, toutes mères de famille âgées d’une quarantaine d’années, avaient le visage enduit de boue en signe de protestation. Elles dénoncent les dégâts causés par les troupeaux de bétail appartenant à des éleveurs d’origine malienne installés dans leur localité
Pour la plupart d’entre elles, leurs champs de tubercules ont été détruits. Saran Condé, citoyenne de Bissandou, témoigne : « Nous sommes venues ici à Kankan parce que des troupeaux ont dévasté nos champs de riz, d’igname, de manioc et d’autres tubercules. De plus, notre président de la jeunesse et le président du district ont été arrêtés par les services de défense et de sécurité. C’est pourquoi nous sommes là : nous exigeons leur libération et une décision claire sur la transhumance des animaux. Nous avons tout perdu dans nos champs, tout a été brouté par les troupeaux maliens. Ce n’est pas la première fois que nous sommes victimes de cela. Nous, citoyens de Bissandou, voulons que cela cesse. Nous en avons assez !»
Sékou Konaté, adjoint du Sotikemo, a également réagi :« Nous ne nous attendions pas à cette décision salutaire du préfet. Il nous a assuré que la transhumance des animaux est désormais formellement interdite. Il nous a également promis que nos camarades arrêtés, à savoir le président du district et le président de la jeunesse, seront immédiatement libérés et que nous repartirons avec eux au village. C’est une satisfaction pour nous. Nous remercions sincèrement le préfet pour cette décision. »

Kokoly Joseph Kolié, correspondant régional à Kankan.

