La principale formation politique d’opposition guinéenne, l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), traverse une nouvelle crise interne. Ce samedi 17 mai, les anciens secrétaires fédéraux des fédérations de Kouroussa, Siguiri et Kankan – Ibrahima Sow, Lancinet Tiguibiri Keita et Antoine Dogbõ Guilavogui – ont publié un communiqué commun pour rejeter fermement leur éviction du parti.
La veille, vendredi 16 mai, le conseil politique de l’UFDG avait annoncé la démission forcée de ces trois cadres, les accusant de « violation délibérée des dispositions combinées des statuts et du règlement intérieur » du parti. Une sanction qui n’a pas manqué de provoquer une vive réaction de la part des intéressés.
Dans leur déclaration, les anciens secrétaires fédéraux qualifient cette décision d’« injustifiée » et affirment que leur exclusion est « nulle et de nul effet ». Ils appellent militants, sympathisants et opinion publique à rejeter cette mesure qu’ils jugent arbitraire, avertissant la direction du parti des conséquences potentielles d’une telle posture.
Lors de l’assemblée générale hebdomadaire de l’UFDG, ce même samedi, Abdoulaye Bah, coordinateur des fédérations de l’intérieur, a vivement répondu aux critiques d’Antoine Dogbõ Guilavogui, qui continue de réclamer son poste à Kankan. « Il ne comprend rien. S’il y a un problème, ce n’est pas sur Facebook qu’on le règle, mais dans le cadre des textes du parti. S’il ne les lit pas, il ne peut pas les comprendre », a-t-il déclaré.
Abdoulaye Bah a par ailleurs dénoncé ce qu’il considère comme une double allégeance de certains cadres élus, notamment entre l’UFDG et le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD), l’instance dirigeante actuelle du pays. « On ne peut pas être chrétien et musulman à la fois. Il faut que les Guinéens apprennent à choisir et assumer leurs choix. S’il veut rejoindre le CNRD, qu’il démissionne », a-t-il martelé.
Le responsable a également tenu un discours ferme contre ceux qui, selon lui, manquent de loyauté envers le parti : « Ceux qui sont fatigués n’ont qu’à partir. Ceux qui ont soif n’ont qu’à aller boire la soupe populaire et laisser l’UFDG tranquille. »
Cette crise met en lumière des divisions croissantes au sein de l’UFDG, notamment autour des questions de discipline, de loyauté et d’alignement stratégique, dans un contexte politique national déjà tendu. La controverse née de la révocation d’Antoine Dogbõ Guilavogui, et les échanges virulents qui s’en sont suivis, soulignent les fragilités internes du parti.
L’avenir dira si cette fracture pourra être apaisée ou si elle signe un tournant plus profond dans la gestion et la cohésion de l’UFDG.

