La recrudescence des accidents de circulation refait surface en Guinée. En deux semaines, les routes guinéennes ont endeuillé plusieurs familles. Un reporter de Loni Infos a interrogé certains chauffeurs et syndicats à la gare routière de Matam.
Pour Samba Same, chauffeur de profession, ces accidents sur nos routes sont dus à la mauvaise éducation au code de conduite. « C’est le problème de civilisation et d’éducation, même si tu es un enfant, tu dois respecter le code de la route, je ne sais pas si tu peux avoir d’accident. Mais c’est le problème de civilisation et d’éducation qui est en Guinée. Tout le monde est hautain. Il y a des chauffeurs qui respectent le code de la route, mais si le minibus ou le car est surchargé, c’est impossible. Si j’étais le ministère des transports, j’allais dire aux chauffeurs que, si tu prends des bagages, tu ne prends pas de passagers. Les cars n’ont qu’à prendre des passagers, les camions s’occupent des marchandises. L’autorité doit prendre ses décisions parce qu’en Guinée, on ne contrôle pas les chauffeurs. Tu es sourd, handicapé physique ou moral, il n’y rien de contrôle dans ça »
Ousmane Camara voyage entre la Guinée, Lomé, Côte d’Ivoire, et le Ghana. Ce chauffeur est attristé par ces multiples cas d’accident qui se soldent souvent par des annonces de morts et de blessés. Il trouve que ces accidents sont liés aux nouvelles voies routières dont les chauffeurs guinéens ne sont pas habitués. « Les chauffeurs guinéens ne sont pas habitués aux nouvelles routes du pays. Moi, je voyage dans plusieurs pays en Afrique comme Lomé, Ghana, Côte d’Ivoire, etc. Mais il faut admettre que nos chauffeurs même ont une grande part de responsabilité dans ces cas d’accident, parce qu’ils conduisent mal. Ils roulent avec toutes les positions même pas nécessaires. Et si la sécurité et le gouvernement ne contrôlent pas, c’est cela le résultat. »
Konaté Bangaly est un syndicat à la gare de Nzérékoré. Selon lui, les accidents de la route dans la ville de Conakry sont aussi dus au manque de vigilance de nos agents de route. « Nos agents ne travaillent pas comme il se doit. Les engins roulants qui circulent au sens contraire provoquent la plupart des accidents dans la ville ici. Il faut que nos agents travaillent avec un sens de patriotisme ou bien, les accidents ne sont pas prêts à finir en Guinée. »
À noter que, pendant deux semaines passées, près d’une dizaine de personnes sont mortes dans les accidents de route, la plupart sur la route nationale Conakry-Kindia.
Dédé Morikè Kaba.

