L’honneur m’échoit, au nom du Mouvement Syndical Guinéen, de vous souhaiter la bienvenue, dans les installations du stade de Coleah en ce jour mémorable du 1 Mai 2024, Fête internationale du Travail. Pour donner plus de solennité à cette journée mondiale, permettez- moi en guise de rappel de citer ici quelques dates repères de l’histoire syndicale qui ont marqué les luttes des travailleurs africains depuis l’époque coloniale et qui constituent à la fois un souvenir et un héritage pour la Classe ouvrière guinéenne.
Ainsi :
En 1894, un mouvement de grève éclate en Sierra Leone conduit par les Ouvriers de la Sierra Leone Company. La même année, les enseignants du Nyassaland (actuel Malawi) déclenchent une revendication pour de de meilleures conditions de travail.
En 1889/1900, les ouvriers des plantations du Cameroun entrent en Grève pour les mêmes motifs;
En 1912, les ouvriers noirs des T.P et des Petites manufactures au Nigéria, déclenchent à leur tour une grève pour réclamer des augmentations de salaires dans leur secteur ;
En 1916, les Dockers de la SCOA et les ouvriers du Port de Conakry entament une grève de protestation pour l’amélioration de leurs conditions de travail ;
Entre 1920 et 1945, les Travailleurs Africains ont porté un combat d’émancipation des peuples pour l’amélioration de leurs conditions de travail et de vie.
Ces évènements, loin d’être exhaustifs, ont été l’une des bases de la formalisation et de la reconnaissance des Organisations Syndicales Africaines.
Mesdames et Messieurs
C’est aussi le lieu et le moment de rendre un vibrant hommage à nos illustres disparues au courant de cette année 2024, Il s’agit, entre autres de: Elhadj Mamadou Moustapha NDIAYE: El hadj Saikou Yaya DIALLO: Ahmadou CONDE: Hadja Kadiatou DIALLO et Yankress KEITA tous de la CNTG et Aboubacar TOUNKARA de I’USTG
Mesdames et Messieurs,
Distingués Invités
Chers Camarades,
Après l’accession de la Guinée à l’indépendance et son adhésion à l’OIT, sa première centrale syndicale nationale c’est-à-dire l’Union Syndicale des Travailleurs de Guinée devint Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée (CNTG) en 1960. Ceci favorisa la mise en place de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), la conception et l’élaboration des textes de lois régissant le monde du travail. A ceci s’ajoute le cadre unique de la fonction publique et les statuts particuliers des différents corps de métiers en y incorporant leurs grilles indiciaires pendant la première République.
Chers Camarades,
En tant qu’acteurs du développement économique et social de notre pays, les syndicats ont contribué à consolider la justice sociale, le progrés économique et culturel.
Parmi tant, on peut retenir pour l’histoire, les cas suivants :
1. La lutte pour l’accession de la Guinée à l’indépendance et le choix de sa devise nationale à savoir « Travail- Justice- Solidarité »,
2. L’investissement pour l’instauration d’une paix durable et d’une Démocratie multipartite, intégrale et inclusive,
3. La transcendance des barrières communautaires,
4. La lutte pour la justice économique et sociale pour l’éradication de la pauvreté.
5. La mise en place d’une société civile plurielle et démocratique.
6. La définition et l’élaboration des politiques nationales pour le respect du droit social et de la justice sociale.
7. La lutte pour la consolidation de cette indépendance, tant sur le plan national qu’international.
8. La mise en place d’un système éducatif cohérent et efficient.
9. La Participation à la mise en œuvre de politiques de santé publique pour tous,
10. La création d’Organisations Syndicales, au niveau Africain (OUSA, OTAO CSI-Afrique).
11. Le rayonnement et la représentation Guinéenne à l’échelle internationale par une diplomatie syndicale reconnue de tout le système des Nations Unies.
Distingués Invités
Chers Camarades,
Le 1 Mai 2024 est placé sous le thème: LA PROTECTION SOCIALE: SOCLE DE PROSPERITE PARTAGEE, GAGE DE DEMOCRATIE ET DE PAIX SOCIALE.
Depuis 1919, la protection sociale, reste et demeure un défi pour le monde du travail. Le système normatif de l’OIT a établi des critères qualitatifs et quantitatifs qui, ensemble ont permis de déterminer un niveau minimum de protection sociale devant être fourni par les régimes de sécurité sociale. Ces normes de sécurité sociale nous servent de cadre de référence pour une meilleure construction de systèmes universels de Protection sociale.
Dans cette optique, les Centrales Syndicales Guinéennes n’ont ménagé aucun effort pour négocier et obtenir la création et l’opérationnalisation d’institutions dédiées complètement à la protection sociale des Travailleurs salariés et des retraités. Aujourd’hui, le défi majeur est celui de l’extension de la protection syndicale aux travailleurs de l’économie informelle.
Chers Invités
Camarades Travailleuses, Travailleurs et Retraités de Guinée La paix sociale n’est possible que dans la justice sociale!
Le préambule de la Constitution de l’Organisation Internationale du Travail indique je cite :
« Attendu qu’il existe des conditions de travail impliquant pour un grand nombre de personnes, l’injustice, la misère et les privations. ce qui engendre un tel mécontentement que la paix et l’harmonie universelle sont mises en danger……»,
« Attendu qu’une paix universelle et durable ne peut être fondée que sur la base de la justice sociale»,
Nous invitons, les Employeurs et le Gouvernement à respecter et à faire respecter la protection sociale qui reste un droit humain inaliénable.
Chers Invités
Camarades Travailleuses, Travailleurs et Retraités de Guinée Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement
La classe ouvrière Guinéenne dans son ensemble mesure à juste titre les efforts déjà consentis par le Gouvernement mais attire son attention sur les éléments constitutifs d’une protection sociale et les normes internationales en lien avec la Protection Sociale:
1. La disponibilité du système de sécurité sociale:
2. La couverture complète de l’ensemble des risques sociaux
3 . L’Accessibilité aux Prestations Sociales:
C’est pour vous dire camarades Travailleurs, que nous devons contribuer, comme la loi l’indique, au financement et au fonctionnement des institutions de Protection sociale dont le Gouvernement est le garant.
La Classe ouvrière réitère sa demande auprès des Employeurs, la déclaration des effectifs réels de leurs travailleurs afin de mieux assurer les risques sociaux.
Je vous remercie

