La scène politique guinéenne est secouée par la récente décision du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) de suspendre plusieurs partis politiques dont l’Union des Forces Républicaines (UFR) pour une durée de 90 jours. Une annonce qui a provoqué une onde de choc au sein du parti dirigé par Sidya Touré, ainsi que dans les rangs de l’opposition et des défenseurs du pluralisme politique.
Dans une déclaration officielle, l’UFR exprime sa stupéfaction et son indignation face à ce qu’elle considère comme une mesure arbitraire et une violation des principes démocratiques. « Cette suspension est incompréhensible et inacceptable », déplore le Bureau Exécutif du parti, rappelant que l’UFR s’est toujours conformée aux exigences légales en vigueur, notamment celles stipulées par la loi de 1991 sur les partis politiques.
Le parti affirme avoir respecté toutes les démarches administratives requises dans le cadre de l’évaluation des partis politiques menée par le MATD. Pourtant, il dit ne pas avoir reçu d’explication claire justifiant cette sanction. « Nous ignorons jusqu’à ce stade les motifs précis de cette décision, malgré nos démarches pour obtenir des clarifications auprès du ministère concerné », poursuit le communiqué.
Cette suspension intervient dans un contexte politique tendu où plusieurs formations dénoncent une volonté du pouvoir en place d’affaiblir l’opposition. Le 14 mars dernier, les Forces Vives de Guinée avaient déjà alerté sur « la volonté à peine voilée du CNRD d’éliminer de la scène politique les partis les plus représentatifs du pays ».
Face à ce qu’elle qualifie de dérive autoritaire, l’UFR appelle ses militants, sympathisants et l’ensemble des forces démocratiques du pays à se mobiliser pour défendre le multipartisme et les libertés politiques. Le parti demande l’annulation immédiate de cette suspension et met en garde contre toute tentative d’instrumentalisation de l’administration publique à des fins partisanes.
Affaire à suivre…

