Le procès en appel d’Aliou Bah, président du parti MODEL, s’est ouvert ce mercredi 26 mars devant la Cour d’appel de Conakry. Condamné en première instance pour offense et diffamation contre le chef de l’État via un système informatique, le leader politique espère une révision de son jugement.
Une défense qui crie à l’injustice
Dès l’ouverture de l’audience, les avocats de la défense ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme une injustice à l’encontre de leur client. Me Razza, l’un des avocats d’Aliou Bah, a notamment remis en question l’existence même d’un président de la République en Guinée.
“On accuse notre client d’avoir injurié le président de la République, mais qui est ce président ? À l’état actuel, nous avons un chef de l’État, pas un président de la République !” a-t-il lancé.”
Le parquet réclame une sanction plus sévère
Le procureur général Fallou Doumbouya n’a pas tardé à réagir. Il a d’abord justifié l’appel du parquet en affirmant que la peine prononcée en première instance était trop clémente, compte tenu de la gravité des faits reprochés à Aliou Bah.
“L’infraction d’offense au chef de l’État est d’une extrême gravité. La peine prononcée est bien en deçà du minimum légal”, a-t-il soutenu devant la Cour.
Sur la question soulevée par la défense concernant le statut du chef de l’État, le magistrat a invité les avocats d’Aliou Bah à consulter le procès-verbal n°001 du 16 septembre 2021 du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD).
“Tout citoyen guinéen qui estime que nous n’avons pas de président de la République peut saisir la chambre administrative et constitutionnelle de la Cour suprême”, a-t-il martelé.
Ouverture des débats
Après ces échanges tendus entre la défense et le parquet, l’audience s’est poursuivie avec l’audition de l’accusé, Aliou Bah. Cette phase des débats devrait permettre à la Cour d’examiner les faits et de statuer sur le sort du leader politique.

