Le procès en appel d’Aliou Bah, leader du parti MoDeL, s’est ouvert ce mercredi dans une atmosphère tendue, sous haute surveillance et avec un accès extrêmement restreint. Condamné en première instance à deux ans de prison ferme pour diffamation envers le Chef de l’État, l’opposant politique a été escorté jusqu’à la Cour d’appel de Conakry par un impressionnant dispositif sécuritaire, reflet de la sensibilité politique de l’affaire.
Dès les premières heures de la matinée, les abords du tribunal étaient bouclés par les forces de l’ordre. Les journalistes venus couvrir l’audience ont été refoulés à l’entrée, tout comme les militants du MoDeL, à qui l’on a interdit l’accès avec tout appareil électronique. Même les diplomates, présents pour témoigner de leur soutien à l’opposant, se sont vu interdire l’entrée, faute d’autorisation préalable du ministère des Affaires étrangères.
Cette exclusion généralisée a provoqué l’indignation au sein du MoDeL. Mamadou Kenda Sow, Secrétaire Général du parti, a exprimé sa stupéfaction face à cette situation :« Nous sommes très inquiets. Aucun accès ne nous a été accordé, et cela sans notification officielle préalable. » Il a rappelé que lors de l’audience précédente, ni la demande de médiatisation déposée par la défense ni celle de huis clos exigée par le parquet n’avaient été acceptées. L’absence de communication autour d’un éventuel huis clos ajoute ainsi à la confusion et à l’opacité du déroulement du procès.
Autre élément troublant selon M. Sow : la présence de près de 300 personnes à l’intérieur de la salle d’audience, dont aucune n’appartiendrait au parti MoDeL.« Qui sont ces personnes ? Qui les a fait entrer, et pourquoi au détriment de nos militants ? » s’est-il interrogé, laissant planer des doutes sur l’impartialité et la transparence de la procédure.
Dans ce contexte tendu, la direction du MoDeL appelle ses militants à la sérénité et à rester mobilisés en attendant les décisions de la direction politique

