Ce vendredi 25 avril marque la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, un fléau qui continue de faire des ravages, particulièrement sur le continent africain. En 2023, plus de 263 millions de personnes ont contracté la maladie, entraînant près de 600 000 décès. Malgré les engagements internationaux visant à éradiquer le paludisme d’ici 2030, cet objectif semble aujourd’hui hors de portée.
Un combat entravé par la baisse des financements
La lutte contre le paludisme a pourtant permis d’importants progrès au cours des 25 dernières années : deux milliards d’infections évitées et 13 millions de vies sauvées, principalement en Afrique. Mais ces avancées demeurent fragiles. La réduction drastique de l’aide internationale, en particulier américaine, initiée sous l’administration Trump, a porté un coup dur aux campagnes de prévention, notamment à la distribution de moustiquaires dans les pays du Sahel. Selon le Malaria Atlas Project, une année de gel complet des financements américains pourrait entraîner 15 millions de cas supplémentaires et plus de 100 000 décès.
Innovation et résistance : les deux fronts du combat
La menace de la résistance inquiète particulièrement les experts. Les moustiques deviennent de plus en plus résistants aux insecticides, et le parasite lui-même montre une résistance croissante aux médicaments, notamment aux ACT (thérapies combinées à base d’artémisinine).
Vaccins : une percée prometteuse mais encore incomplète
Depuis 2019, le continent africain teste et déploie progressivement des vaccins contre le paludisme. Le Malawi a ouvert la voie, avec des résultats probants : une réduction de 75 % des cas symptomatiques chez les enfants après trois doses. Le Mali emboîte le pas avec une stratégie renforcée de cinq doses, destinée à mieux couvrir les saisons de transmission.
Au Cameroun, où la maladie tue chaque année près de 11 000 enfants, plus de 950 000 doses ont été livrées en 2024. Si la première dose affiche un taux de couverture de 70 %, l’adhésion diminue pour les rappels suivants, avec moins de 50 % pour la troisième dose. De nouvelles livraisons sont attendues en septembre.
Des progrès notables en Guinée
La Guinée enregistre également des résultats encourageants. En dix ans, la prévalence du paludisme y est passée de 44 % à 17 %, grâce notamment à la distribution massive de moustiquaires — près de cinq millions. Le pays vise désormais une prévalence de 8 % d’ici 2027.
Une urgence qui ne peut attendre
Alors que la saison des pluies approche, les efforts doivent être intensifiés.
À l’occasion de cette Journée mondiale, la mobilisation reste essentielle. Car face à une maladie qui tue chaque minute un enfant en Afrique, chaque action compte.
Monsieur Ciré
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