Le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du Territoire, chargé de la récupération des domaines spoliés de l’État, était face aux administrateurs territoriaux et aux élus locaux de la préfecture de Kankan, ce lundi 28 avril 2024, à la Maison des jeunes de Kankan.
Objectif : expliquer les grandes lignes et l’importance du recensement en cours, mais surtout sensibiliser davantage les citoyens.
Dans son exposé, qui a duré plus de 30 minutes devant les élus locaux, les administrateurs territoriaux et des citoyens venus des différents quartiers de la commune urbaine de Kankan, le ministre Mory Condé a invité la population à se faire recenser de manière rigoureuse. Il a ensuite détaillé quelques mesures qui entreront en vigueur dans les mois à venir, à l’issue de ce recensement.
« Après ce recensement, désormais, s’il y a un décès, il faudra faire une déclaration. On mettra en place des numéros verts dans tous les hôpitaux. Ceux qui sont désignés iront prendre le corps pour faire l’autopsie et déterminer de quoi la personne est morte.
Les imams sont tous des représentants de la nation. Toutes les décisions prises par le président de la République seront respectées par eux, car ils font partie des premières personnes censées les appliquer.
Cela veut dire que, désormais, si tu présentes un corps en prétendant qu’un parent proche est décédé, l’imam te demandera où se trouve le certificat de déclaration ou de décès. Sans ce document, il ne pourra rien faire. Il te dira d’aller chercher ce papier avant toute démarche avec le corps. Donc, il faut se faire recenser. Si on n’a pas une idée claire du nombre de personnes dans le besoin, il sera difficile d’aider », a-t-il expliqué.
Et d’ajouter :
« Pourquoi voulons-nous faire cela ? Parce que, dans tous les grands pays du monde, on sait combien de personnes sont décédées, combien sont en vie. La Guinée est le seul pays où l’on ne sait pas combien de personnes sont nées, ni combien sont mortes.
Pour pouvoir planifier et se dire que d’ici telle ou telle année, nous aurons tel effectif, il faut un recensement. Cela permettra aussi d’identifier les maladies dominantes dans les préfectures comme Mandiana, Siguiri, etc. Si on constate que dans la préfecture de Kankan, par exemple, dix personnes ou plus sont mortes de maux de tête, alors le gouvernement pourra prendre des dispositions. Voilà l’importance du recensement. »
Kokoly Joseph Kolié, correspondant régional à Kankan

