En exil, Sidya Touré vient d’être reconduit à la présidence de l’Union des Forces Républicaines (UFR), à l’issue du congrès électif tenu ce vendredi à Conakry. Malgré son absence du territoire national, il a obtenu un plébiscite écrasant : 94,48 % des suffrages exprimés par les 292 délégués présents.
Ce congrès marque le retour en force d’une formation politique longtemps mise en difficulté. Suspendue temporairement par le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) pour des irrégularités administratives, l’UFR a su démontrer sa résilience. Le rassemblement s’est tenu dans une atmosphère déterminée, en présence de représentants de toutes les fédérations du pays, de figures de partis alliés, dont l’UFDG, et d’acteurs de la société civile.
Un congrès sous pression
La tenue de ce congrès intervient dans un contexte de grande adversité. Le leader du parti, Sidya Touré, vit en exil en Côte d’Ivoire depuis février 2022, date à laquelle sa résidence privée a été expropriée par le Patrimoine bâti public. Cette situation n’a toutefois pas altéré la ferveur des militants ni la mobilisation des structures locales du parti, qui ont bravé les obstacles pour faire entendre leur voix.
À travers une intervention en visioconférence, le président sortant a pris la parole pour galvaniser les siens. Il a rappelé que l’adhésion initiale des forces politiques à la prise de pouvoir par le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) reposait sur un espoir de changement, rapidement déçu par une gestion qu’il juge opaque et inefficace.
« La Guinée avait été détruite par des gens dont certains sont aujourd’hui en prison. Mais cela ne suffit pas, car le mal est profond », a-t-il déclaré, dénonçant au passage l’immobilisme politique et l’absence de dialogue national.
Un plaidoyer pour le dialogue et la réforme
Dans un discours teinté d’émotion et d’alerte, Sidya Touré a lancé un appel pressant à l’ouverture d’un dialogue inclusif, citant l’exemple sud-africain :
« Même pendant l’apartheid, on a dialogué. Le dialogue n’est pas une faiblesse, c’est une force », a-t-il affirmé, appelant les autorités guinéennes à tendre la main aux forces vives de la nation.
Très critique envers la gouvernance actuelle, il a dressé un constat alarmant de la situation économique et sociale :
« Il est difficile pour un peuple d’être libre et épanoui si l’économie ne suit pas. Ce que nous vivons est devenu inquiétant, que ce soit dans la justice, l’ordre ou la gouvernance. »

