Le projet de nouvelle Constitution de la République de Guinée introduit des avancées majeures en matière de protection de l’environnement. Dans un contexte de dégradation croissante des écosystèmes, cette reconnaissance constitutionnelle du droit à un environnement sain sonne comme un tournant historique.
Dès l’article 6, parmi les principes fondamentaux de la République, la préservation de l’environnement et des écosystèmes est érigée en obligation constitutionnelle de l’État. Il est également précisé que la gestion des ressources naturelles doit se faire de manière « rationnelle, transparente et équitable », dans l’intérêt de toutes les populations.
Mais c’est dans l’article 30 que la nouvelle Constitution pose un cadre clair et ambitieux. Il y est affirmé que « toute personne a droit à un environnement sain », et que l’État doit assurer la protection de la faune, de la flore, et la promotion de la qualité de vie. Cette disposition oblige les autorités à protéger les cours d’eau, zones humides, parcs naturels, paysages, monuments historiques, et même l’espace maritime guinéen.
Plus encore, l’article criminalise le transit, l’importation, le stockage ou le déversement de déchets toxiques ou polluants, en les qualifiant de crimes imprescriptibles. Une loi est annoncée pour définir les peines applicables. Il s’agit là d’une mesure forte pour répondre aux menaces écologiques majeures qui pèsent sur le territoire.
Enfin, l’article 118 précise que la protection de l’environnement et la gestion durable des ressources naturelles font partie des domaines relevant de la loi. Cela signifie que tout projet ou activité touchant à l’environnement devra se conformer à un cadre légal rigoureux, inspiré de la Constitution.
Avec ces dispositions, le projet de nouvelle Constitution affirme une volonté politique nouvelle : inscrire l’environnement au cœur du contrat social guinéen. Un pas décisif dans un pays où les défis environnementaux — déforestation, pollution, insalubrité — sont nombreux et pressants.
L’avenir écologique de la Guinée se jouera donc aussi dans les urnes.
Monsieur Ciré

