Dans le cadre de la campagne de vulgarisation du projet de nouvelle Constitution, le Premier ministre Amadou Oury Bah s’est exprimé ce jeudi 10 juillet 2025 à la télévision nationale. Mais déjà, des voix discordantes s’élèvent. Mamadou Sylla, président de l’Union Démocratique de Guinée (UDG), a exprimé ses réserves. Il remet en question la pertinence de certaines innovations, notamment la création d’un Sénat, qu’il juge coûteuse pour l’État, et se montre sceptique quant à l’instauration d’un mandat présidentiel de sept ans.
À propos du Sénat, il déclare : « Je pense que c’est une dépense de plus. Cela coûtera encore plus cher au contribuable », affirme l’ancien chef de file de l’opposition. S’agissant de la durée du mandat présidentiel, il ajoute : « L’homme propose, Dieu dispose. On a vu le professeur Alpha Condé modifier la Constitution pour faire passer le mandat de 5 à 6 ans. Mais est-ce qu’il en a vraiment bénéficié ? Vous savez, les gens oublient Dieu. Dans tout ce qu’on fait, il faut toujours dire : si Dieu le veut bien. Même si vous fixez un mandat à 10 ans, non seulement cela prendra fin, mais êtes-vous sûr de pouvoir aller jusqu’au bout ? Chaque régime fait ce qu’il veut, mais c’est Dieu qui tranche à la fin. »
Concernant le référendum prévu le 21 septembre 2025, Elhadj Mamadou Sylla craint un désintérêt de la population. « Si on donne déjà l’impression que le vote est joué d’avance, que le résultat est connu, est-ce que les citoyens vont encore s’y intéresser ? Voilà la vraie question. Parce que si je sais que je vote ou pas, le projet va quand même passer, pourquoi me donnerais-je du mal à aller voter ? »
Pour lui, il faut faire preuve de retenue, éviter trop de bruit et de festivités autour du projet, afin de ne pas décourager les électeurs.

