Le préfet de Siguiri, Colonel Douramoudou Keïta, vient de suspendre le président de la délégation spéciale de Didi, pour la simple raison qu’il ne serait pas aimé par la population de cette localité. À en croire les propos du préfet, joint par téléphone, cette décision fait suite à plusieurs plaintes déposées par les sages et des membres de la population contre le président de la délégation spéciale de Didi, relevant de la préfecture de Siguiri.
« Il n’est pas aimé par la population. La population a écrit deux à trois fois à son sujet. On a envoyé une mission d’inspection là-bas pour voir les choses, mais on a compris qu’il n’est pas aimé. Il faut mettre quelqu’un que la population aime. On a envoyé des C.O.C sur le terrain, il a fait son rapport. Vous savez, les préfets ont l’œil sur les présidents des délégations spéciales et les présidents de districts. Celui qui ne fait pas l’affaire de la population, qui ne fait pas l’affaire du Général Mamadi Doumbouya, on est obligé de faire le rapport et de le remonter. On s’est juré de ne pas trahir. Il y a des gens que le président a nommés, mais ils ne sont pas dans son esprit. Tous ceux qui ne sont pas dans l’esprit du Général, on est obligé de faire le rapport et de le déposer au gouvernorat. Le gouvernorat fait des choix, les transmet au ministère, et si une décision vient, on est obligé de l’appliquer. On ne lui reproche rien, mais honnêtement, il n’est pas aimé par la population. Pour nous, il faut mettre quelqu’un que la population aime et réclame. Il n’est pas aimé, on ne sait pas pourquoi, mais vraiment il n’est pas aimé. »
Joint au téléphone, Karamo Touré, vice-président de la délégation spéciale de Didi, a confirmé l’information annonçant sa suspension.
« C’est vrai, le préfet m’a appelé pour que je le retrouve à son bureau. Je suis venu avec mon vice-président. Il m’a dit : “Monsieur le président de la délégation spéciale, je vous ai suspendu de vos fonctions jusqu’à nouvel ordre. Ton vice-maire va te remplacer pour le moment.” Je lui ai demandé pour quelle raison. Il a dit que le chef de village avait envoyé un écrit pour dire qu’il ne voulait plus de moi. Le vrai problème, c’est que les Camara qui sont là ne veulent pas me voir à la tête de la commune. C’est leurs parents Camara qu’ils veulent voir diriger. Comme nous ne sommes pas des Camara, mais des Touré, ils disent que Didi ne nous appartient pas, et ils ne veulent de personne d’autre à la tête de la commune. C’est ça le problème entre nous. Sinon, il n’y a rien d’autre. »
Kokoly Joseph Kolié, correspondant régional à Kankan

