Les marchés guinéens sont de plus en plus confrontés à une pénurie de denrées de première nécessité, accompagnée d’une hausse alarmante des prix. M. Mbani Sidibé, président de l’Union pour la défense des consommateurs de Guinée, tire la sonnette d’alarme et pointe du doigt les défaillances du ministère du Commerce.
Des produits essentiels de plus en plus rares
Sucre, farine, ciment… Ces produits de grande consommation deviennent difficiles à trouver, avec une flambée des prix préoccupante. Selon M. Sidibé, cette situation découle en partie de pratiques commerciales délibérées : « Il s’agit de ruptures artificielles créées pour justifier des augmentations de prix. »
Il dénonce également l’échec du protocole d’accord signé le 12 juillet, censé plafonner les prix de plusieurs denrées. « Aucune disposition n’est respectée. Le riz, censé être vendu à 270 000 GNF, est toujours à 280 000. La farine reste rare dans certains marchés. »
Un manque d’anticipation de l’État
Le président de l’Union met en cause la passivité du ministère du Commerce : « Ce ministère devait réguler, surveiller les stocks, anticiper les pénuries. Mais aujourd’hui, rien n’est fait. »
Il critique aussi la stratégie de partenariat de l’État avec la Chambre nationale du commerce, estimant qu’elle n’a ni compétence légale ni pouvoir de contrainte. « Il faut dialoguer avec les vrais acteurs : industriels, importateurs et distributeurs. »
Des exonérations fiscales sans effet visible
Alors que l’État renonce à des recettes fiscales pour alléger le coût de certains produits (jusqu’à 100 dollars par tonne de riz et 200 dollars sur le sucre), M. Sidibé regrette que ces mesures ne bénéficient en rien aux consommateurs. « C’est une perte sèche pour les finances publiques sans impact sur les prix. »
Une mobilisation des consommateurs en cours
L’Union pour la défense des consommateurs de Guinée annonce plusieurs actions à venir :
– Un rapport stratégique recensant une vingtaine de produits touchés par l’inflation ;
– Des courriers officiels adressés au ministère du Commerce ;
– Et, si aucune mesure n’est prise, le lancement de campagnes de boycott contre certains opérateurs économiques.
« Il ne s’agit plus seulement de prix, mais aussi de qualité et de transparence. Même le poids indiqué sur les sacs de riz n’est pas toujours respecté », affirme M. Sidibé. Il appelle les consommateurs à rester vigilants et à se mobiliser pour défendre leurs droits.

