Le Premier ministre Amadou Oury Bah s’est rendu ce jeudi sur le site de la décharge de Dar-es-Salam, marquant une étape décisive dans la volonté de l’État de mettre fin à un drame sanitaire et environnemental qui perdure depuis des décennies.
C’est une première dans l’histoire récente du pays : un chef de gouvernement foule le sol de ce quartier populaire, confronté à l’un des plus graves défis écologiques de la capitale. La décharge, située à proximité immédiate des habitations, est depuis longtemps source de pollution, de maladies et d’éboulements meurtriers.
Une visite symbolique et porteuse d’espoir
Accueilli par les membres du collectif Citoyens pour un Environnement Sain, le Premier ministre a été salué avec émotion. Dans son discours, Mouctar Bah, responsable de stratégie du collectif, a déclaré :
« Monsieur le Premier ministre, votre présence ici est plus qu’une visite. C’est un message fort. Vous redonnez espoir à des milliers de familles. Ce que vous faites pour Dar-es-Salam, Dar-es-Salam ne l’oubliera jamais. »
Le collectif a remis à cette occasion un mémorandum citoyen, documentant les graves conséquences sanitaires de la décharge et proposant des pistes pour une délocalisation durable et concertée.
Des mesures concrètes annoncées
Face à la presse, Amadou Oury Bah a réaffirmé la détermination du gouvernement à agir :
« Cela fait deux ans que le président de la Transition, le Général Mamadi Doumbouya, a demandé la fermeture de cette décharge. Il est désormais impératif de passer de la parole à l’action. »
Le chef du gouvernement a décliné un plan en trois axes majeurs :
Mesures d’urgence contre les risques d’éboulement : Des rapports techniques sont attendus d’ici lundi pour identifier les zones les plus exposées, notamment en cette saison des pluies.
Finalisation des études de fermeture : Le recours à des cabinets spécialisés, comme Artelia, permettra de définir les étapes techniques et financières menant à la fermeture définitive du site, dans le respect des normes environnementales.
Réforme du système de gestion des déchets à Conakry : Le gouvernement s’engage dans une refonte globale incluant tri, transformation, valorisation (engrais, énergie) et enfouissement contrôlé. Des partenariats avec des entreprises privées sont en préparation.
Un engagement en faveur de l’économie circulaire
Conscient du rôle économique que joue la décharge pour de nombreux citoyens, le Premier ministre a tenu à les rassurer :
« Une gestion organisée des déchets créera des milliers d’emplois dans tous les quartiers. Notre objectif est de transformer ce défi en opportunité économique pour les jeunes. »
Le président de la délégation spéciale de Gbessia a, pour sa part, salué les engagements du gouvernement, insistant sur la nécessité de valoriser les déchets : « En les traitant efficacement, nous réduisons leur impact, protégeons l’environnement et générons de la valeur ajoutée pour notre société. »

Une réponse à la pression citoyenne
Cette visite intervient quelques semaines après un sit-in organisé par les habitants de Dar-es-Salam, qui exigeaient des actions concrètes de l’État face à une situation devenue insupportable. À travers cette initiative, le gouvernement semble enfin vouloir tourner la page d’une décharge devenue, au fil du temps, une véritable bombe écologique à retardement.

