Juste quelques heures après sa conférence de presse tenue ce dimanche 24 août 2025 à son domicile au quartier Timbo, et qui a suscité une vague de réactions et d’interprétations au sein de l’opinion nationale, Taliby Dabo, membre influent de la coordination régionale du RPG en Haute Guinée, a répliqué tout en re-précisant les choses suite à un courrier adressé par l’ONG Tournons La Page.
Dans sa prise de parole, M. Taliby Dabo s’est adressé à ceux qui estiment que des dispositions devaient être prises contre lui.
« Je voudrais ici m’adresser à ceux-là qui pensent que les autorités doivent prendre des dispositions contre moi, qu’ils réfléchissent bien, qu’ils sachent qu’il y a eu beaucoup d’autres propos tenus avant moi. Qu’ils sachent que celui qui dit que Fonikè Menguè est en vie et un autre qui dit que Fonikè Menguè n’est plus en vie, ce sont deux avis contraires, deux propos contradictoires. Donc les mêmes personnes sont à incriminer. Moi, je dis que les Fonikè Menguè sont en vie, ils mangent bien, ils se couchent bien et s’habillent bien. Et un autre dit que les Fonikè Menguè ne sont plus en vie, qu’ils ont été tués, et qui incrimine même l’État. Si moi je dois montrer là où ils sont, l’autre aussi doit nous montrer leurs tombes, doit nous indiquer quand est-ce qu’ils ont été tués, où on les a tués et par qui ils ont été tués. Alors ces personnes-là qui sont en train de parler aujourd’hui, réfléchissez à cela. En ce moment, soyons honnêtes avec vous-mêmes : écrivez que toutes les personnes qui ont tenu des propos, pour ou contre la disparition ou la détention des Fonikè Menguè, que toutes ces personnes-là s’expliquent devant les autorités. Là, en ce moment, je peux comprendre que vous êtes honnêtes vis-à-vis de vous-mêmes. Demandez au procureur d’arrêter Sékou Koundouno qui a indiqué clairement comment on les a arrêtés, où on les a déportés, et qui a même indiqué là où ils sont en détention. » a-t-il déclaré.
Pour M. Dabo, s’il y a lieu de porter plainte contre lui par rapport à ses propos, d’autres personnes qui ont tenu des déclarations contraires devraient également être interpellées.
« Je pense que vous ferez bien de porter plainte contre lui, je pense que vous ferez bien de porter plainte contre d’autres personnes qui ont dit que les Fonikè Menguè ne sont plus en vie, qu’ils sont décédés il y a longtemps. Alors vous aussi, demandez au procureur de porter plainte contre ces gens-là. Parce que moi, je dis qu’ils sont en vie, et l’autre dit qu’ils ne sont pas en vie. Chacun de nous a tenu des propos. Dans ce cas, c’est le contraire de mon propos que l’autre a tenu. Si vous voulez que le procureur s’en saisisse de mes propos, alors amenez le même procureur à s’en saisir aussi des autres propos qui ont été tenus. Ne faites pas de deux poids deux mesures, soyez honnêtes vis-à-vis de vous-mêmes. Je dis très bien que peut-être ça aurait même fait plaisir à ces familles-là, d’entendre au moins quelqu’un dire qu’ils sont en vie. Je ne suis pas une autorité administrative, je ne suis pas non plus une autorité politique. Je suis Taliby Dabo. »
Poursuivant, M. Taliby Dabo a rappelé qu’il s’était exprimé sur ce sujet en tant que simple citoyen.
« Je suis un citoyen qui parle comme d’autres citoyens ont parlé. Et si tout le monde devait être en prison parce qu’il a parlé, je crois que le procureur aurait beaucoup de personnes en prison ou devant les autorités judiciaires. Je suis clair dans mes propos : je n’ai jamais dit où ils sont détenus, je n’ai jamais dit qui les a arrêtés, qui les garde. Je n’ai jamais parlé de ces gens-là. Je dis bien que partout où ils sont, ils doivent être en vie. Ils sont en vie, ils s’habillent bien, ils vont bien. C’est un souhait, je crois que c’est une très bonne chose pour tout le monde d’entendre cela. Mais dire qu’il faut demander à Taliby Dabo le contenu de ses propos, le pourquoi, je crois qu’il faut aussi demander aux autres qui ont dit que les Fonikè Menguè ne sont plus en vie. Parce que quand vous dites que quelqu’un n’est plus en vie, c’est que vous savez où il a été tué et par qui il a été tué. Alors demandez à ces gens-là aussi de vous indiquer où ils ont été tués et qui les a tués. Comme ça, si eux aussi peuvent apporter ces preuves, ou si vous demandez à Taliby Dabo d’apporter les preuves de là où ils sont détenus. Je dis bien et j’insiste là-dessus : je dis que les Fonikè Menguè sont en vie. Ils mangent bien, s’habillent bien, se couchent bien. Une autre personne peut dire que les Fonikè Menguè ne sont plus en vie, qu’ils sont morts. Alors, un autre aussi va dire qu’ils ont disparu. Celui qui dit qu’ils ont disparu doit nous indiquer à quel moment ils ont disparu. Le FNDC nous a dit que les Fonikè Menguè ont fait un communiqué. Sékou Koundouno a expliqué même que celui qui a été arrêté au même moment que lui aurait dit : “nous avons été arrêtés nuitamment à telle heure, on nous a amenés à tel endroit. Moi on m’a fait descendre, les autres ont continué.” Tout ça a été expliqué. Le cas du commandant Alias et de Michel sont des exemples palpables. Après tout ce qu’on a entendu au sujet de leur mort, on les a ensuite vus avec le président, vivants et en bonne santé. » a-t-il ajouté.
— Kokoly Joseph Kolié, correspondant régional à Kankan

