Le 6 février 2022 restera une date gravée dans la mémoire collective du football sénégalais. Ce soir-là, à Yaoundé, les Lions de la Téranga décrochaient leur tout premier sacre continental en battant l’Égypte aux tirs au but (0-0, 4 tab 3) en finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Ce triomphe historique marquait le début d’une période faste, inédite dans l’histoire du football africain.
En l’espace de quelques mois, le Sénégal a tout raflé. Après les A, les Lions locaux s’adjugeaient le CHAN 2023 en Algérie face au pays hôte (0-0, 5 tab 4). Un mois plus tard, les U20, guidés par Lamine Camara, dominaient la Gambie (2-0) en finale et soulevaient leur premier trophée continental. La moisson fut complétée par les U17, vainqueurs du Maroc (2-1). Jamais une nation africaine n’avait exercé une telle hégémonie, s’imposant dans toutes les catégories en si peu de temps.
Mais trois ans plus tard, ce cycle glorieux appartient au passé. Les Lions de Sadio Mané ont perdu leur couronne en Côte d’Ivoire dès les huitièmes de finale de la CAN 2023 (1-1, 4 tab 5). Les autres sélections ont connu le même sort, échouant à défendre leurs titres. Dernier symbole de ce déclin : l’élimination des Lions locaux en demi-finale du CHAN 2024 face au Maroc.
Seule la sélection de beach soccer, toujours intouchable sur le continent, continue de maintenir le Sénégal au sommet. Mais ces échecs successifs appellent à une réflexion profonde. Le football sénégalais, bien qu’en bonne santé, doit tirer les leçons de ce déclin pour corriger rapidement le tir.
La reconstruction est désormais incontournable. La CAN 2025, prévue au Maroc en décembre, offrira aux Lions l’opportunité d’ouvrir un nouveau chapitre et de reconquérir une place de choix dans le gotha du football africain.

