Le Forum des Forces Sociales de Guinée (FFSG) exprime sa profonde inquiétude face à la succession de faits à visées politiques, qu’il considère comme symptomatiques d’une volonté d’exclure et de réduire au silence toute voix ou aspiration contradictoire dans le processus de Retour à l’Ordre Constitutionnel.
Selon le FFSG, malgré des alertes, interpellations et propositions répétées auprès des autorités, les violations des droits et libertés se sont intensifiées. « Ces faits vont des arrestations et détentions arbitraires au bâillonnement de la presse, en passant par des disparitions forcées et des enlèvements », souligne le Forum, citant le cas récent de l’ancien Bâtonnier, Me Mohamed Traoré, victime de représailles pour ses prises de position en faveur du droit.
Le Forum déplore également un contexte marqué par une pauvreté accrue, une insécurité galopante, une crise de liquidité inédite et l’absence totale de chronogramme de gestion de la Transition, prévue par la Charte depuis quatre ans après le coup d’État.
L’alerte du FFSG s’étend au fichier électoral biométrique, qualifié de non fiable malgré les moyens investis. Le Forum dénonce notamment l’enrôlement de mineurs âgés de 10 à 17 ans, contraire à l’âge légal de 18 ans, et la persistance de doutes sur :
- le refus de recensement pour certains leaders politiques et anciens Premiers ministres,
- le déploiement inéquitable des kits d’enrôlement sur le territoire national et au niveau de la diaspora,
- l’absorption totale de l’Organe de Gestion des Élections par le MATD, en contradiction avec les aspirations exprimées lors du dialogue de fin 2023 entre acteurs sociopolitiques et Organes de la Transition.
Le FFSG exprime également son étonnement face aux décisions de dissolution ou de suspension de partis politiques, certains représentant une majorité d’adhérents et sympathisants guinéens.
Pour le Forum, « un Retour apaisé et constructif à l’Ordre Constitutionnel ne peut se traduire par des manœuvres dilatoires visant à conserver le pouvoir, au détriment des principes et valeurs démocratiques ».
En conséquence, le FFSG appelle les décideurs de la Transition et l’ensemble des partenaires à suspendre le processus actuel de Retour à l’Ordre Constitutionnel, jugé mal préparé, clivant et répressif, afin de protéger l’avenir du pays et consolider l’État de droit.

