À quelques jours du référendum constitutionnel, la distribution des cartes d’électeurs se poursuit avec quelques difficultés. Plusieurs citoyens dénoncent des anomalies sur leurs documents, notamment concernant les informations personnelles. Les plaintes, déjà relayées sur les réseaux sociaux, alimentent l’inquiétude des populations qui attendent encore de recevoir leurs cartes.
Des citoyens perplexes
Certains électeurs affirment avoir constaté des incohérences troublantes. C’est le cas d’Amara Touré qui a découvert que les lieux de naissance mentionnés sur les cartes de sa famille étaient erronés.
« Sur ma carte, celle de ma femme et celle de ma sœur, le lieu de naissance est toujours indiqué comme “hôpital”. Pourtant, ce n’est pas un lieu de naissance officiel. Normalement, on doit mentionner la préfecture ou la localité précise. Sur ma carte biométrique, ce n’est pas la même information que sur ma carte d’électeur », regrette-t-il.
L’électeur interpelle l’État pour une révision urgente de ces erreurs.
La version de la commission
Du côté des responsables de distribution, les explications sont toutes autres. Ibrahima Sory Keita, membre de la commission administrative de distribution des cartes dans la commune de Matam, justifie ces erreurs par des limites techniques.
« La plupart des métiers n’étaient pas intégrés dans la machine. Par exemple, le métier d’ingénieur n’y figurait pas. C’est pourquoi certaines cartes portent la mention “sans profession”. Quant aux lieux de naissance, il y a des citoyens nés dans les hôpitaux, dans des centres de santé ou des CHU. Faute de détails dans la machine, nous avons généralisé le terme “hôpital” », explique-t-il.
Selon lui, une procédure de correction avait été mise en place :
« Dès que nous avons constaté les anomalies, nous avons saisi la direction communale des élections. Des machines et des fiches de correction nous ont été envoyées. Nous avons ensuite sensibilisé les populations à se présenter pour rectifier les erreurs. Malheureusement, cette opération n’a pu durer que quelques semaines et s’est arrêtée le 5 du mois passé », précise-t-il.
Des corrections limitées, des attentes fortes
Si quelques dizaines de dossiers ont pu être corrigés, la majorité reste en suspens. À quelques jours seulement du référendum, de nombreux électeurs craignent de se rendre aux urnes avec des cartes comportant de fausses informations.
Les autorités électorales sont désormais interpellées : trouver une solution rapide et efficace afin de rassurer les citoyens et garantir la crédibilité du processus électoral.

