L’humanité célèbre ce 25 septembre la deuxième édition de la Journée internationale de la langue soninké, placée sous le thème : « Impact des technologies numériques sur la sauvegarde et la promotion de la langue soninké ». Cette journée met en lumière le rôle crucial des outils modernes dans la préservation d’un patrimoine linguistique ancestral.
À cette occasion, l’Union Sarakolé de Guinée a organisé une cérémonie solennelle à la Maison des Jeunes de Kindia, en présence des autorités locales, de délégations ministérielles et de membres de la diaspora soninké venus des quatre coins du monde.
Mohamed Lamine Nimaga, porte-parole de la jeunesse
« La jeunesse doit être à la fois gardienne vigilante et artisan créatif. Cela passe d’abord par l’apprentissage, dès l’école et au sein de nos familles. Lire, écrire, chanter et enseigner en soninké, c’est garantir que notre langue continue de vivre et de se transmettre.
Mais au-delà de l’apprentissage, nous devons innover : utiliser les outils numériques, les réseaux sociaux, la littérature, la musique et l’audiovisuel pour moderniser et diffuser notre langue à l’échelle nationale et internationale.
La jeunesse a le devoir de faire du soninké une langue vivante, dynamique et adaptée aux exigences du monde actuel.
Notre avenir collectif dépend aussi de la formation et de l’insertion socioprofessionnelle des jeunes. Leur offrir une éducation de qualité, l’accès à la formation professionnelle, à l’entrepreneuriat et aux technologies modernes, c’est leur donner les moyens d’être compétitifs tout en restant attachés à leur identité culturelle.
Ainsi, la langue soninké ne sera pas un héritage figé, mais un moteur de développement et de dignité.
En soutenant la jeunesse soninké, nous consolidons également l’action de l’Association pour la Promotion de la langue Soninké (APS). Notre engagement est clair : faire de chaque jeune un ambassadeur de notre langue et de notre culture, en Guinée et à travers le monde.
Permettez-moi de vous dire que cette jeunesse et cette journée sont aussi un espace de partage. Nous vous invitons à découvrir avec nous la richesse de notre langue et de notre patrimoine à travers les démonstrations que vous venez de voir. »
Mohamed Dramé, président de l’Union Sarakolé de Guinée
« Aujourd’hui, le geste nous rassemble : nous voici réunis comme les branches d’un même baobab, puisant à la source de nos racines pour élever ensemble les fondations de notre avenir.
Ce n’est pas une simple rencontre, mais une reconquête de notre mémoire, de notre fierté et de cette flamme que nos ancêtres ont allumée il y a des siècles dans le cœur de l’Afrique.
Nous, peuple Sarakolé, ne sommes pas seulement les héritiers de l’empire du Ghana, nous en sommes les gardiens éternels. Notre langue est un trésor, nos contes sont des ponts entre les générations et notre hospitalité n’est pas une tradition : c’est une loi.
Merci à vous, venus des cinq continents, d’être les soldats de cette reconnaissance. Merci de croire, comme moi, qu’un peuple qui se souvient de sa grandeur est un peuple invincible.
En ce jour sacré, je rends hommage aux autorités présentes, ainsi qu’aux institutions, ONG, associations et partenaires qui œuvrent inlassablement pour la reconnaissance et la promotion de notre langue.
Le soninké n’est pas seulement un moyen d’expression. Il est le réceptacle de notre mémoire collective, le véhicule de notre pensée, le miroir de notre âme.
Un peuple qui perd sa langue perd son âme. Mais un peuple qui l’enseigne et la numérise la fait vivre pour l’éternité. C’est pourquoi, cette année encore, le thème retenu met en avant l’impact des technologies numériques dans la préservation et la promotion de notre patrimoine.
Parlez le soninké avec fierté, à la maison comme à l’école. Apprenez ses proverbes, écoutez ses griots, et transmettez ce patrimoine aux générations futures. Jeunes Soninké, vous êtes les héritiers d’une tradition de savoir et de courage. Faites vivre ce trésor : parlez-le, écrivez-le, diffusez-le partout dans le monde. »

Mamaïssata, directrice préfectorale de la culture et de l’artisanat de Kindia
Représentant le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, elle a salué l’organisation de l’événement :
« C’est un immense honneur pour moi de prendre la parole au nom du ministre, afin de féliciter l’Union Sarakolé de Guinée pour cette initiative. Vous ne vous contentez pas d’honorer une langue : vous célébrez une histoire, vous exaltez une culture et vous bâtissez un pont entre les générations.
La langue soninké n’est pas seulement un moyen de communication, elle est l’âme vivante d’une civilisation qui a marqué l’histoire de l’Afrique de l’Ouest. Dépositaire du glorieux empire du Ghana, elle incarne une mémoire faite de sagesse, d’organisation et de commerce.
Ce patrimoine est aussi une richesse pour la Guinée, terre de convergence et de diversité. Le sens du commerce, de l’entrepreneuriat, le respect des aînés, la solidarité et le devoir communautaire sont des vertus soninké qui inspirent le vivre-ensemble harmonieux de notre pays.
Notre département reste engagé à promouvoir et préserver nos langues nationales, dont le soninké, en soutenant leur enseignement, leur usage dans les médias et leur valorisation dans les écoles. Nous voulons aussi promouvoir l’artisanat sarakolé et le tourisme culturel, afin que le monde entier découvre cette richesse.
Cette célébration est un vibrant appel à la fierté et à la transmission. J’invite chacun à embrasser sa langue et à la porter haut, car elle est la clé de notre héritage et le socle de notre avenir. »

