Le président de l’Union Démocratique de Guinée (UDG) et ancien chef de file de l’opposition, Mamadou Sylla, a réagi aux résultats du référendum du 21 septembre, marqué par un taux de participation de 86 % et une victoire du « Oui » à 89 %. Interrogé par notre rédaction, il a jugé ce résultat « prévisible » compte tenu du climat dans lequel le scrutin s’est déroulé.
Contrairement au référendum de 2020, émaillé de violences, Mamadou Sylla souligne que cette fois-ci, « tout s’est passé dans le calme, sans incidents majeurs», ce qui a permis selon lui une mobilisation plus large de la population. Il affirme que la forte campagne en faveur du « Oui », relayée par les autorités et certains acteurs politiques, a largement contribué à ce score.
L’ancien chef de file de l’opposition estime par ailleurs que les consignes de boycott lancées par des partis comme l’UFDG ou l’URPG n’ont pas été suivies par leurs militants : « Tu peux donner des consignes, mais à un moment, la population dit : nous sommes fatigués, on veut changer. Beaucoup sont allés voter malgré les mots d’ordre », a-t-il déclaré, citant notamment l’exemple de la Labé et de Kankan
Face aux accusations de « mascarade électorale » avancées par certains leaders politiques, Mamadou Sylla s’interroge : « On leur donne l’occasion de participer, ils refusent. Finalement, qu’est-ce qu’ils veulent réellement ? »
Sur la suite du processus, il s’est dit satisfait que le pays puisse « quitter la transition pour l’ordre constitutionnel », qu’il considère comme « un pas important pour tourner la page militaire et ramener la stabilité ».
Quant aux prochaines élections, annoncées par le Premier ministre pour la fin de l’année, Mamadou Sylla se montre prudent. Selon lui, « trois mois, c’est trop court » pour organiser des scrutins crédibles, compte tenu des défis logistiques et financiers. « Le référendum, c’est deux bulletins. Mais une présidentielle ou des législatives, c’est beaucoup plus complexe », avertit-il, estimant que le calendrier risque d’être difficile à respecter.
Pour conclure, Mamadou Sylla appelle ses pairs de la classe politique à « dialoguer et accepter la pluralité des visions » plutôt que de « saboter les processus en cours ».

