Chaque année, la rentrée scolaire en Guinée se prépare dans une atmosphère d’effervescence particulière. Cahiers, stylos, sacs, uniformes scolaires, les marchés de Conakry et des villes de l’intérieur se remplissent de fournitures, annonçant le retour des élèves en classe. Mais cette année, cette effervescence est tempérée par une réalité plus amère, la hausse des prix, la rareté des clients et le report de la rentrée.
Dans les rues animées de Conakry, les étals débordent de fournitures scolaires. Pourtant, les commerçants peinent à vendre. Mohamed Keita, étalagiste, témoigne de la situation : « Actuellement, les clients sont rares parce que les fournitures sont trop chères. Certains demandent même des rabais parce qu’ils ont beaucoup d’enfants. Le prix d’un mètre de tenue scolaire est à 20 000 francs guinéens, que ce soit pour le primaire, le collège ou le lycée. D’autres essaient de les vendre à 15 000 FG en gros. »
Considérablement le pouvoir d’achat des familles, malgré une offre abondante. Du côté des parents d’élèves, la hausse des prix est vécue comme une charge supplémentaire, surtout pour ceux ayant plusieurs enfants à scolariser. Certains accueillent avec soulagement le report de la rentrée scolaire, y voyant une chance de mieux se préparer financièrement. « Avec la cherté des fournitures scolaires, c’est difficile pour nous, les parents, de remplir notre devoir. Avec deux ou trois enfants, c’est vraiment compliqué. Il faut que l’État intervienne face à cette augmentation », confie une mère de famille.
Pour Demba Ndiaye, un autre parent d’élève, cette situation illustre un problème plus large et récurrent dans le système éducatif guinéen. « C’est devenu presque une tradition en Guinée : chaque année, à l’approche de la rentrée, on assiste à la hausse des prix des fournitures scolaires, mais aussi des frais de scolarité, notamment dans les établissements privés. » Il plaide pour la construction d’écoles publiques de qualité capables de rivaliser avec le privé, afin de soulager les familles et garantir un accès équitable à l’éducation.
La rentrée scolaire 2025 met une fois de plus en lumière les inégalités persistantes. Tandis que certains commerçants espèrent encore écouler leurs stocks, de nombreuses familles se battent pour joindre les deux bouts. Entre les réalités du marché et les contraintes des parents, la rentrée s’annonce difficile pour beaucoup.
Laleman Guinée

