Conakry – Alors que l’ancien président de la République, Alpha Condé, a publié un message sur les réseaux sociaux pour exprimer ses regrets et demander pardon aux familles des victimes de son régime, ces dernières restent sceptiques et insistent sur la nécessité de justice.
Mamadou Barry, président de l’Association des Parents et Amis des Victimes du régime Condé, a réagi à ce geste en affirmant que le pardon ne peut se substituer à la justice. « Oui, il a demandé pardon, mais nous, nous voulons la justice avant tout », a-t-il déclaré. Selon lui, les crimes et exactions commis sous l’ancien régime – vandalisme des magasins, destruction des champs et agressions physiques – ne peuvent être effacés par un simple message sur les réseaux sociaux.
Pour Mamadou Barry, le pardon d’Alpha Condé est avant tout politique. « Le pardon, c’est sincère pour lui, mais pas pour nous. Aujourd’hui, il regrette parce qu’il n’est plus au pouvoir », estime-t-il.
L’homme cite plusieurs exemples personnels de violence et de destruction : « Le 9 octobre 2015, Alpha Condé a vandalisé mon magasin, je perds plus d’un milliard six cent soixante-quinze millions de francs. Le 4 mars 2013, ses milices m’ont tabassé chez moi et j’ai dû partir à Dakar pour être soigné ».
Mamadou Barry interpelle également les autorités actuelles pour que justice soit faite. « Depuis longtemps, les démarches avancent très lentement. Nous avons été oubliés, mais nous attendons toujours que les responsables soient jugés et que les victimes soient réparées», souligne-t-il.
Malgré le temps écoulé et les difficultés, l’espoir demeure : « Je suis sûr que la justice finira par se faire un jour », conclut Mamadou Barry.

Le message d’Alpha Condé, qui intervient après plusieurs années de turbulences politiques, relance donc le débat sur la mémoire et la justice en Guinée. Pour les victimes et leurs familles, le pardon seul ne peut suffire : il doit s’accompagner d’une réparation réelle et d’un procès équitable.

