À moins de trois mois de la présidentielle prévue le 28 décembre 2025, la Coalition « Sauvons la Guinée » exprime de vives inquiétudes sur le déroulement du processus électoral en cours. Dans une déclaration rendue publique le 8 octobre à Conakry, les formations membres du mouvement dénoncent un climat politique marqué par la méfiance, les restrictions des libertés et un cadre institutionnel jugé non conforme à la Constitution.
Des libertés restreintes et une méfiance généralisée
Selon la déclaration, le contexte actuel est loin de favoriser une compétition démocratique libre et équitable. Le mouvement déplore « les interdictions répétées de manifestations, les arrestations arbitraires de journalistes et d’acteurs politiques, ainsi que les disparitions forcées de citoyens ».
Pour ses responsables, cette situation crée « un environnement de peur et de méfiance, contraire à l’esprit d’une transition inclusive et apaisée ».
Des engagements remis en cause
La Coalition rappelle que le Président de la Transition s’était solennellement engagé à ne pas se présenter à l’élection présidentielle et à garantir le retour à l’ordre constitutionnel à travers un scrutin transparent.
« Quatre ans après, ces engagements paraissent remis en cause », regrette le mouvement, qui évoque un « sentiment de trahison » ressenti par une partie de la population.
Une Direction Générale des Élections jugée inconstitutionnelle
Autre point de désaccord : la création par décret d’une Direction Générale des Élections (DGE), rattachée au ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD).
Pour « Sauvons la Guinée », cette disposition viole l’article 174 de la nouvelle Constitution, qui confie l’organisation des scrutins à un organe électoral indépendant.
« Une élection libre ne peut être conduite par une structure placée sous tutelle directe du pouvoir exécutif », souligne la déclaration.
Un Code électoral non publié
Le mouvement fustige également l’opacité entourant le nouveau Code électoral, adopté selon lui « sans véritable consultation ni publication officielle ». Ce manque de transparence « compromet la confiance entre les acteurs politiques et menace la paix électorale », prévient la Coalition.
Des appels à l’action et à la responsabilité
Face à ces constats, la Coalition « Sauvons la Guinée » formule plusieurs recommandations :
La mise en place immédiate d’un organe électoral indépendant, conformément à la Constitution ;
La publication officielle du Code électoral et l’ouverture d’un dialogue politique inclusif ;
Le rétablissement des libertés d’expression et de manifestation, ainsi que la libération des détenus politiques.
Le mouvement invite également la CEDEAO, l’Union Africaine, les Nations Unies et les partenaires européens à accompagner techniquement et politiquement le processus électoral guinéen, afin de garantir un scrutin crédible et accepté de tous.
« Sauver la démocratie, préserver la paix »
En conclusion, la Coalition appelle les acteurs politiques et institutionnels à la responsabilité et à la concertation.
« La présidentielle de décembre 2025 ne doit pas être une simple formalité administrative, mais un moment de renaissance démocratique », indique la déclaration.
Le mouvement, qui regroupe notamment le Bloc Libéral (BL), le Bloc pour l’Alternance en Guinée (BAG) et l’Union pour la Démocratie et le Progrès de Guinée (UDPG), affirme rester mobilisé pour que « la voix du peuple souverain soit respectée » et que « l’espoir d’une Guinée juste, unie et démocratique » devienne réalité.

