Le phénomène du vol à l’arraché prend une ampleur préoccupante dans la capitale guinéenne. À Conakry, de nombreux citoyens dénoncent une insécurité grandissante dans plusieurs carrefours, où des individus, souvent à moto, s’en prennent aux passants pour leur arracher téléphones, sacs ou autres objets de valeur.
Interrogé, Mohamed Kamara, citoyen résident à Conakry, exprime sa profonde inquiétude : « C’est vraiment déplorable, parce que ça a plusieurs conséquences. Non seulement les citoyens perdent leurs objets, mais certains sont blessés, et cela peut même conduire à la mort. »
Pour lui, la lutte contre ce phénomène doit être menée sur plusieurs fronts :« Il faut renforcer la présence policière, de jour comme de nuit, afin que les citoyens se sentent un peu en sécurité. Mais il faut aussi s’attaquer aux causes profondes, notamment le chômage des jeunes. Créer de l’emploi, c’est éloigner beaucoup d’entre eux de la délinquance. »
Même son de cloche chez Koulemou Noël , alias Danger le comédien, figure bien connue des réseaux sociaux. Il parle d’une situation devenue alarmante: « Aujourd’hui, à Conakry, c’est presque de l’anarchie. On voit des vols à l’arraché dans tous les sens. Souvent, ce sont des gens à moto qui arrachent les téléphones ou les sacs. Ils provoquent même des accidents mortels. Personne n’est à l’abri. »
L’artiste invite les autorités à agir rapidement, notamment en encadrant le secteur des motos-taxis : « Il faut recenser tous les taximotards. La plupart des bandits utilisent des motos pour se fondre dans la masse. Si on a une base de données claire, on pourra identifier les intrus et réduire le phénomène. »
De son côté, Mamadou Lamarana Diallo, enseignant, estime que l’État doit assumer pleinement sa mission de protection des citoyens : « Ce genre de vol se produit non seulement dans les carrefours, mais aussi dans les domiciles. Parfois, il y a même des complicités au sein des services de sécurité. C’est à l’État d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens. » Face à cette insécurité persistante, les habitants de Conakry appellent les autorités à réagir urgemment. Renforcement du dispositif policier, encadrement des mototaxis et sensibilisation citoyenne sont autant de pistes proposées pour freiner un phénomène qui ne cesse de semer la peur dans la capitale.

