La fixation de la caution présidentielle à 900 millions de francs guinéens continue de susciter de vives réactions dans la classe politique guinéenne. Invité de notre rédaction, Mohamed Lamine Kaba, président du parti FIDEL, estime que le montant est certes élevé, mais qu’il répond à une logique institutionnelle et budgétaire qu’il faut comprendre dans le cadre du processus électoral.
« C’est une somme extrêmement élevée, surtout au regard du pouvoir d’achat des citoyens et de ceux qui veulent se porter candidats », reconnaît-il d’entrée.
Cependant, il nuance : « Cette caution obéit à un certain nombre de principes. Elle a été fixée par une sous-commission financière mise en place à cet effet, composée de personnes désignées pour examiner la question de manière transparente. »
Selon le président de FIDEL, le calcul du montant prendrait en compte le nombre de candidats potentiels et les coûts liés à l’organisation du scrutin, notamment l’impression des cartes d’électeurs et des registres.
« Le montant a été partagé en fonction du nombre de candidats pressentis, de façon à couvrir certaines dépenses techniques. Donc, dans la forme, la procédure a été respectée », explique-t-il.
“Une somme élevée, mais dans le respect du cadre légal”
Interrogé sur la faisabilité d’un tel paiement pour les partis émergents, Mohamed Lamine Kaba reconnaît que la barre est haute :
« Notre pouvoir d’achat est faible, il faut le dire. Mais si l’on prend en compte la réalité du processus et les coûts logistiques à supporter, on peut comprendre cette décision. »
Pour lui, la priorité doit être de veiller à ce que la fixation du montant reste conforme au cadre légal et ne serve pas d’instrument d’exclusion politique.
Plafonnement des dépenses : “Nous respecterons la transparence exigée”
Concernant le plafonnement des dépenses de campagne à 40 milliards de francs guinéens par candidat, le leader de FIDEL se montre confiant.
« Tout cela s’inscrit dans un cadre légal. Nous avons déjà des comptes bancaires opérationnels, comme l’exige la DGE. L’objectif est d’assurer la transparence et le suivi des dépenses pendant la campagne », souligne-t-il.
Mohamed Lamine Kaba précise que son parti a anticipé cette mesure en préparant la logistique financière nécessaire à une campagne sobre et maîtrisée.
« Les frais liés aux déplacements, au carburant, aux affiches, aux t-shirts de campagne… tout cela sera géré dans la légalité et la transparence. Nous ferons les choses dans les règles », assure-t-il.
Une approche légaliste et pragmatique
Contrairement à d’autres leaders politiques qui dénoncent une “sélection par l’argent”, Kaba Fidel adopte un ton mesuré et institutionnel.
« Il ne faut pas perdre de vue que chaque processus électoral a ses contraintes. L’essentiel, c’est de garantir que tous les candidats évoluent dans un cadre équitable et respectueux des lois », conclut-il.
Si Mohamed Lamine Kaba reconnaît la difficulté que représente la caution présidentielle pour certains candidats, il appelle à la compréhension et au respect du cadre fixé par la Direction Générale des Élections, estimant que la stabilité institutionnelle prime sur les querelles politiques.

